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Un mauvais tweet du "Financial Times" a semé la pagaille sur les marchés financiers

REPLAY - Le journal anglais, qui fait référence dans l'univers de la finance, a diffusé jeudi la mauvaise information sur la politique monétaire de la banque centrale européenne. Ce qui a provoqué la chute des bourses.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Un mauvais tweet du "Financial Times" a semé la pagaille sur les marchés financiers
02:57
LENGLET CO 04/12/2015
02:56
François Lenglet

Un simple tweet, un message électronique, a déclenché une tornade sur les marchés financiers jeudi. Ce n'était pas n'importe quel tweet : il émanait du meilleur journal du monde, le Financial Times. Une institution britannique vieille de plus de 120 ans, à la réputation d'excellence mondiale quant à la fiabilité et l'exhaustivité de ses informations, propriété depuis quelques jours du groupe d'information économique japonais Nikkei. Le FT, c'est aussi une voix qui fait autorité sur les marchés financiers, à l'instar du rôle prééminent que Londres occupe toujours dans la finance mondiale. Jeudi, la banque centrale européenne annonçait sa politique monétaire pour les temps qui viennent, et le journal s'est tout simplement trompé dans l'information, indiquant que cette politique était inchangée, alors que ce n'était pas le cas. Du coup, en quelques minutes, les bourses ont plongé et l'euro a repris près de 3% face au dollar.
C'est invraisemblable, deux articles différents avaient été préparés avant la décision de la BCE, pour les deux cas de figure, et c'est le mauvais qui a été publié, à cause d'une erreur de manipulation, ce qui a déclenché automatiquement la publication du tweet. Le Financial Times s'est excusé platement après. On a du mal à comprendre pourquoi une telle information peut déclencher une telle réaction sur les marchés financiers. Cela nous dit deux choses. Un, l'extrême réactivité de marchés financiers connectés sur toute la planète. Dès qu'une info est publiée, elle est accessible partout. Du coup, les mouvements de foule, c'est la principale caractéristique des marchés financiers, sont mondiaux, et très puissants. Deux, cela nous montre aussi l'état d'extrême dépendance de la sphère financière vis-à-vis de la banque centrale. Dès qu'elle bouge un orteil, tout le monde tremble.

La BCE, c'est le dealer et ses clients, les drogués

Pourquoi ? Parce que la BCE et les marchés financiers, c'est le dealer et ses clients, les drogués. C'est elle qui alimente l'économie européenne en argent en prêtant aux banques à très bon compte, elle le fait massivement en ce moment dans l'espoir de déclencher la reprise, mais l'argent sert d'abord à faire monter les cours de bourse, c’est-à-dire à enrichir les investisseurs ! Et comme tous les drogués, les marchés veulent qu'on augmente les doses. C'est pour cela qu'ils ont fait la tête après la fausse info du Financial Times. Et la crise de manque a persisté après le démenti, car même la véritable information n'était pas suffisante pour eux, ils en voulaient davantage. Résultat, la bourse a chuté de 3,5% hier.

C'est inquiétant, cela veut dire qu'on est dans un système financier qui n'a plus de rapport avec la réalité. L'obsession des marchés, c'est que va faire la banque centrale, est-ce qu'elle va livrer la came à l'heure prévue ? C'est le paradoxe de ces politiques inventées les banques centrales, en Europe, mais aussi aux États-Unis et au Japon. Elles ont été conçues pour lutter contre les effets de la crise financière de 2008, et finalement elles pourraient bien préparer la prochaine crise financière.

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