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Taxis contre VTC : concurrence déloyale ou ouverture du marché ?

CHRONIQUE - Les taxis manifestent ce lundi 10 février et dénoncent la "concurrence déloyale" des VTC. Ces derniers se défendent en citant la loi de 2009 sur l'ouverture à la concurrence du marché. Qui a raison, qui a tort ?

Grève des taxis à Marseille contre la concurrence des VTC, le 13 janvier 2014.
Grève des taxis à Marseille contre la concurrence des VTC, le 13 janvier 2014. Crédit : AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Thomas Prouteau et La rédaction numérique de RTL

Taxis contre Véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) : la guerre entre ces deux moyens de transports continue de faire rage. Les taxis ont décidé de montrer leur mécontentement en manifestant ce lundi 10 février, dans la capitale, après la suspension par le Conseil d’État du délai de 15 minutes imposé aux VTC.

Il faut 2h20 pour relier Porte Maillot à Porte de la Chapelle. "Concurrence déloyale" des VTC envers les taxis ou ouverture du marché ? Qui dit vrai et qui dit faux ?

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Grève des taxis : Paris au ralenti Crédit Image : RTL.fr | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Tout d'abord, les taxis et les VTC sévissent-ils sur le même marché ? La réponse est "non", pour les chauffeurs privés qui se positionnent sur un transport haut de gamme, sur réservation. Mais dans la réalité, beaucoup fonctionnent à la course, comme un taxi. Les VTC ne s'en vantent pas mais les compagnies comme Uber ou Allocab misent clairement sur les petits trajets à la demande.
 
D'un clic, nous avons réservé une voiture VTC chez Uber pour réaliser le trajet RTL-Gare du Nord. Trois minutes plus tard, un Renault Scénic est arrivé. C'est le chauffeur lui-même qui décrit le système. "Il y a une carte de Paris avec un système géographique de couleur. La couleur vert clair représente les zones à fortes demandes. On essaye donc toujours de se placer entre ces zones afin d'arriver le plus rapidement à la course. On a 15 secondes pour l'accepter. C'est comme un taxi", admet le chauffeur.

Des VTC à la limite de la légalité

Les VTC flirtent ainsi à la limite de la légalité. Théoriquement, ces compagnies n'ont pas le droit de prendre de client à la volée. C'est le monopole des taxis qui payent la licence qui leur permet d'utiliser cette méthode. Mais dans les faits avec la maraude, on n'en est pas loin.

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Autre comportement limite : dans le VTC que nous avons emprunté, le prix n'a pas été donné à l'avance. C'est pourtant obligatoire, les compteurs sont interdits. Pourtant, à l'arrivée, le chauffeur a consulté son téléphone qui fait office de compteur officieux. Prix de la course, 21 euros. C'est un peu plus cher qu'un taxi.

Des contraintes imposées aux taxis

Les taxis se disent victimes d'une "concurrence déloyale" de la part des VTC. Ils doivent supporter plus de contraintes. Et c'est vrai. Jusqu'au 1er janvier dernier pour obtenir sa carte de VTC, il suffisait de payer 100 euros et démontrer qu'on avait conduit un véhicule professionnel pendant un an, peu importe le véhicule, ambulance ou benne à ordures.
 
Les taxis eux, doivent suivre une formation initiale. Mais la loi a été renforcée. Désormais, les VTC doivent être formés au transport de personnes, même si aucune licence, ou numerus clausus ne sont requis.

Un marché ouvert à la concurrence

Pour le directeur Europe d'Uber, Pierre-Dimitri Gore Coty, les VTC "ne sont pas en train de détruire le marché des taxis. Ils apportent une offre complémentaire. Il y a de la place pour les deux sur le marché". Et pour preuve, le directeur Europe d'Uber donne l'exemple de la capitale londonienne, "où il y a 60.000 'mini cabs' (VTC) pour 18.000 ou 22.000 taxis".
 
Les taxis sont-ils victimes de l'arrivée des VTC ? La réponse n'est pas si simple. Cette situation vient aussi du fait que les taxis se sont un peu endormis sur leur monopole. Peu de service, peu de sourire et le refus courant la carte bleu, pour éviter les frais. Alain Gristet, le président de l'Union des taxis admet qu'il faut faire évoluer les choses. "Si vous voulez que je vous dise qu'il faut qu'on progresse, que les consommateurs ont changé et qu'il faut regarder de quelles manières répondre à leurs attentes, et bien la réponse est oui. On va y travailler".
 
Les taxis devront donc composer avec les VTC. Ils n'ont pas le choix depuis la loi de 2009 qui a ouvert le secteur à la concurrence. Pour calmer le jeu, le gouvernement annonce des contrôles renforcés.

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"On n'est pas dupes" de la guerre des taxis Crédit Média : Thomas Prouteau | Durée : | Date :
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