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SNCF : est-ce vraiment le bon moment de filialiser le fret ferroviaire ?

ÉDITO - La SNCF a annoncé lundi 16 avril son intention de filialiser sa branche de fret ferroviaire, déficitaire et lourdement endettée. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Le décryptage du journaliste Christian Menanteau.

Des rails (illustration)
Des rails (illustration)
Crédit : AFP / Joël Saget
SNCF : est-ce vraiment le bon moment de filialiser le fret ferroviaire ?
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Loïc Farge
Loïc Farge

Pour la SNCF, pour l'environnement, et accessoirement le gouvernement, la filialisation de sa branche fret ferroviaire est une excellente nouvelle.

Ce plan lancé par le premier ministre Édouard Philippe pourrait, s'il se concrétise, d'abord libérer l'activité fret d'un garrot qui l'étouffe depuis des lustres : une dette de près de 5 milliards, insoutenable par rapport à un volume d'activité d'à peine 900 millions d'euros par an. Car avec un ratio de ce calibre, vous n'avez qu'une seule certitude : votre avenir est bouché.

Cela permettrait aussi  - et c'est le point central du dossier - de remodeler l'organisation du travail pour gagner en compétitivité. Enfin, cela permettrait aussi d'envisager de regagner des parts de marché. Face au ferroviaire privé, et surtout à la route, la SNCF est en débandade.

En 1990, les trains transportaient 20% des marchandises en France. L'an dernier, c'était moins de 10%. Dans le même temps, les Suisses déplacent 40% de leurs marchandises par train, et les Allemands, 25%.

Incohérences politiques

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Les incohérences politiques y sont pour beaucoup. Dernière en date : l'abandon de l'écotaxe qui, pour satisfaire quelques "bonnets rouges", a conforté un peu plus la route. L'aveuglement des cheminots y a aussi sa part : rigidité des statuts, absence de souplesse commerciale, tarifs plus élevés que la route...

Et bien sûr les états-majors de la SNCF. En matière de fret, l'entreprise nationale est le principal transporteur routier du pays. Diversification peut-être nécessaire, mais qui n'aide pas sa branche ferroviaire.

Le totem des recrutements ébranlé par la bande

Cette annonce, en pleine grève, ne va-t-elle pas braquer un peu plus les cheminots ? Les syndicats (en tout cas les plus durs) vont certainement monter au créneaux et s'y opposer. Pour au moins une raison : la filialisation du fret, même au sein de l'entreprise nationale, devrait faciliter les recrutements hors statut. Le totem serait ébranlé au moins par la bande.

Le gouvernement ne l'ignore pas. Mais face à la grève d'envergure que traverse la SNCF, il a choisi de mettre tous les sujets qui fâchent sur la table. Et celui-là est lourd : SNCF fret a déjà cédé 40% de son activité aux nouveaux opérateurs ferroviaires privés arrivés en 2006.

Ses comptes sont toujours ancrés dans le rouge, et les perspectives ne sont pas rayonnantes. En clair, l'état comateux de cette entreprise ne peut pas s'éterniser, sauf à virer au drame.

Les plus

- Ikea va faire de Paris le fer de lance de sa nouvelle stratégie d'implantation au cœur des centres-ville. Un premier grand test avant New York et Londres.

- Le marché français des équipements du bâtiment et de la manutention est en plein boom : + 11% et les emplois du secteur en hausse de 3,2%.

La note du jour

0/20 aux enseignants-chercheurs barragistes de Nanterre. Ils proposent une note unique de 20/20 pour tous les barragistes. Singulier : à ce tarif, plus besoin de profs. Autant fermer les facs et mettre les enseignants-chercheurs sur une autre fonction.

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