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Service de VTC UberPOP : rude concurrence pour les chauffeurs de taxi

REPLAY / ÉDITO – Le service de VTC UberPOP suscite le mécontentement des chauffeurs de taxi. Ces derniers dénoncent cette nouvelle concurrence.

François Lenglet
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Crédit : Damien Rigondeaud
Service de VTC UberPOP : rude concurrence pour les chauffeurs de taxi
03:16
Service de VTC UberPOP : rude concurrence pour les chauffeurs de taxi
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François Lenglet

Les chauffeurs de taxis devaient bloquer la capitale et les aéroports parisiens ce lundi 15 décembre matin.

Ils protestent contre le service de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) UberPOP, qui permet à un particulier de transporter un client dans sa voiture, contre rémunération.

200.000 clients en France

Ils sont furieux contre cette nouvelle concurrence, qui offre des trajets en voiture pour 30 à 40% moins cher que leurs taxis, et qui se développe dans les grandes métropoles françaises. Ils ont attaqué UberPOP. Mais le tribunal de commerce s'est déclaré incompétent pour interdire l'entreprise. certains taxis manifestent, car les syndicats majoritaires ne participent pas au mouvement.

On croyait que la loi Thévenou avait tout réglé. Pas du tout. Le texte, qui protège les taxis, est mal boutiqué. Il a été écrit, comme d'habitude, en pleine crise, donc sur un coin de table. Il est tout à fait possible que la loi soit remise en cause par le Conseil constitutionnel, à la demande des sociétés de VTC, puisqu'elle limite leur activité et contrevient donc à l'égalité et à la liberté d'entreprendre.

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En plus, cette loi ne concernait pas les services de taxis amateur comme UberPOP, qui sont apparus entre-temps.

Les taxis sous leur forme actuelle sont appelés à disparaître

François Lenglet

Ces services auraient en France 200.000 clients. Les chauffeurs amateurs sont formés de façon très succinte. Ce sont souvent des conducteurs relativement jeunes, qui complètent ainsi leurs revenus. La course qu'ils facturent est amputée d'une vingtaine de pour-cents par la société Uber, qui prend ainsi sa commission. Clients et chauffeurs occasionnels entrent en contact grâce à une application de smartphone. Ensuite, tout le monde se note.

Ce service suscite la même controverse dans le monde et génère d'innombrables bagarres juridiques avec les taxis officiels. La semaine dernière, il a été interdit en Espagne et aux Pays-Bas. Il l'avait été en Allemagne, avant d'être autorisé à nouveau.

Au Royaume-Uni, il fonctionne. Aux États-Unis, il est également interdit dans certaines villes. En Inde, il a déchaîné un scandale parce qu'un chauffeur occasionnel a violé une passagère (cela avait choqué les esprits).

Internet dynamite le marché

Les taxis peuvent-ils parvenir à leurs fins ? C'est peu probable. Ils sont face à une marée puissante (celle des nouveaux usages), servie par une nouvelle technologie, qui permet un service de qualité pour un prix bien moindre. Comment résister à cela ? Le mieux qu'on puisse faire, c'est d'aménager la transition et d'indemniser les victimes, c'est-à-dire les jeunes chauffeurs de taxis, qui ont payé leur licence cher, alors qu'elle ne vaudra plus grand-chose dans quelques années.

Les taxis sous leur forme actuelle, avec un accès réglementé, avec une pénurie de licence entretenue artificiellement et avec une pénurie quasi-systématique de voitures dans les villes françaises, risquent de disparaître. C'est un système qui a été construit pour protéger le producteur au détriment du client.

Internet dynamite tout cela, comme il l'a fait pour la presse, pour le disque, pour le livre, pour tout un tas de produits et de marchés, en donnant le rapport de force au consommateur. Cela ne fait que commencer, avec l'économie du partage.

Jeremy Rifkin, un économiste américain, expliquait l'autre jour que si l'on pouvait connaître le trajets de tous les automobilistes dans une ville, on pourrait diviser le nombre voitures par quatre, grâce au co-voiturage. Cela coûterait moins cher, cela polluerait moins, et c'est désormais possible grâce aux nouvelles technologies de l'information.

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