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Pourquoi Bayer veut-il racheter Monsanto ?

REPLAY / ÉDITO - Mariage en vue entre des pesticides et des OGM : une nouvelle "world company" pourrait bien naître dans le domaine de l'agriculture.

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Pourquoi Bayer veut-il racheter Monsanto ? Crédit Image : SIPA | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet Journaliste RTL

L'Allemand Bayer, l'un des plus grands mondiaux de la pharmacie et des pesticides, veut racheter l'Américain Monsanto. Monsanto, c'est cette très grande entreprise qui est spécialiste des OGM : elle fabrique notamment des semences résistantes aux maladies. On estime qu'il y aura bientôt 10 milliards d'êtres humains sur la Terre en 2050 (c'est-à-dire une augmentation de 50%), alors que la surface cultivée devrait diminuer de 17% sur la même période. Si l'on veut nourrir tout le monde, il faudra une augmentation des rendements de 60%.

La chimie, pourvu qu'elle soit utilisée avec précaution, et les modifications génétiques, avec les mêmes réserves, sont deux leviers qui permettront un tel gain de productivité. C'est pour cela que Bayer sort son chéquier, et fait cette proposition de rachat de Monsanto. Ce serait, si elle aboutit, la plus grosse acquisition jamais réalisée par une société allemande : 55 milliards d'euros, payés en cash.

Un business stratégique

Comment une entreprise peut-elle avoir autant d'argent ? Une seule recette : la dette. Les taux d'intérêts sont toujours très bas, et les entreprises en profitent pour fusionner les unes avec les autres. Dans ce qu'on appelle l'agro-business, il y a eu récemment deux autres méga-opérations : les deux américains Dow Chemical et DuPont ont fusionné, et un Chinois a racheté un Suisse. Ce business des semences de céréales et, globalement, de l'agriculture productive, est devenu stratégique, à cause des enjeux essentiels de long terme.

Il y a deux raisons pour expliquer ces fusions. La première est en apparence rationnelle : elles espèrent faire des économies d'échelle. Partager les coûts de recherche, par exemple, de façon à améliorer leurs marges. L'expérience prouve que ces économies sont bien souvent moins importantes que ce qu'on espère, car la fusion génère toujours aussi des coûts, et des problèmes de compatibilité de culture d'entreprise, sans compter les rivalités.

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L'autre raison est presque puérile : c'est le mimétisme. Dans un secteur donné, dès qu'un mariage se conclut, les autres s'empressent de fusionner à leur tour, pour ne pas se laisser distancer en termes de chiffre d'affaires, même si ce n'est évidemment pas toujours la recette du succès.

Appétit pour l'endettement

Toutes ces dettes qui s'accumulent, c'est certainement dangereux. Il est vrai que les opérations de ce genre se multiplient en ce moment. Huit ans après la grande crise financière, les entreprises ont retrouvé leur appétit pour l'endettement, et parfois au détriment de leur sécurité de long terme.

Il y a d'ailleurs un signe de la dégradation de la situation financière : c'est le nombre d'entreprises qui bénéficient du fameux triple A (la meilleure note financière, puisqu'on note non seulement les états mais les entreprises). En 1992, il y avait 98 entreprises américaines qui bénéficiaient de ce triple A. Elles ne sont plus que deux aujourd'hui : Johnson and Johnson, une entreprise pharmaceutique, et Microsoft, le leader du logiciel.

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