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Un avis client affiché sur les réfrigérateurs vides d'un supermarché Intermarché à Nevez, le 12 octobre 2026
Crédit : AFP
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Une première historique. Une attaque informatique a touché les installations frigorifiques de centaines de supermarchés français allant d'Intermarché à Super U en passant par Leclerc, forçant le dégivrage à distance de nombreux frigos dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 octobre. Beaucoup de produits ont été perdus mais aussi du matériel, abîmé avec la chaleur. Ce qui pourrait faire monter la facture à potentiellement plusieurs millions d'euros.
Charles Dezon, propriétaire d’un Intermarché de Gradignan (Gironde), estime ses pertes "dans les 20.000 euros de marchandises". "On a eu l'alarme assez rapidement, il était 3h du matin", détaille-t-il sur RTL même si "tout était perdu". "On a passé la matinée à tout comptabiliser, faire l'inventaire. On a eu un huissier qui est passé au magasin et du coup, on a ouvert, il n'y avait plus de surgelés dans le magasin", ajoute-t-il.
Avait-il pu imaginer qu'un tel événement pouvait arriver ? "Franchement, à mon niveau, on ne pouvait pas y penser. Les frigoristes ne nous avaient jamais prévenus sur un risque de piratage", souffle-t-il.
Car une cyberattaque à cette échelle, c'est inédit. Tous les distributeurs interrogés par RTL assurent qu'ils n'auraient jamais imaginé cela, une attaque aussi massive et coordonnée. "On a basculé du virtuel au réel, analyse Antoine Vallée, expert cybersécurité sur RTL. C'est-à-dire que nous, on a l'habitude au quotidien de voir des pertes en millions d'euros, des millions de données fuitées. Aujourd'hui, malheureusement, plus personne n'y fait trop attention. Mais des rayons de supermarchés vides, tout d'un coup, on a la presse mondiale qui s'en empare."
Le piratage de frigos connectés n'est pourtant pas nouveau. Cet été aux Etats-Unis, une douzaine de supérettes militaires tenues par l'armée ont été piratées. Les frigos ont été coupés à distance ou le dégivrage a été lancé automatiquement, la nourriture a donc été perdue. Mais une douzaine de supérettes par rapport à 500 grandes surfaces, c'est une toute autre échelle.
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Trouver les coupables risque d'être compliqué, comme l'explique Antoine Vallée. "On va pouvoir remonter la piste par contre, est-ce qu'on va la remonter assez loin ? Potentiellement non", explique-t-il. "Dans le cas qu'on observe aujourd'hui, les auteurs ont commis assez peu d'erreurs avec beaucoup de moyens. Et ces moyens ont permis de très bien cacher leurs traces (...) On n'a pas de revendication, on n'a pas de motivation financière, on n'a aucun message qui a été laissé. Et donc on est vraiment sur de la déstabilisation d'un pays", continue-t-il.
Pour l'expert, "l'objectif va être de regarder des attaques similaires passées" pour voir "des signes similaires avec des groupes d'attaquants qu'on peut connaître ou des pays".
En attendant, il ne faut pas forcément se débarrasser de toutes les machines connectées. Dans le cas des supermarchés, c'est la loi qui oblige les entreprises à avoir un système qui surveille les frigos, qui fait des relevés de température. Et si les réfrigérateurs sont connectés, c'est parce que cela permet d'intervenir à distance, de savoir s'il faut déclencher une intervention. Donc ces outils ont une utilité : être bien plus efficace.
Par contre, cette cyberattaque montre les failles. Selon l'entreprise Danfoss - une des entreprises dont les systèmes ont été piratés avec Dixell et Copeland -, les frigos touchés utilisaient une vieille version du logiciel qui ne recevait plus les mises à jour de sécurité. Selon les réparateurs contactés par RTL, ceux qui avaient été hackés utilisaient souvent une simple connexion internet. Il n'y avait en fait pas tant de garde-fous que ça pour empêcher une cyberattaque.
"La menace aujourd'hui sur les usines et l'industrie en général est assez sous-estimée. Souvent, on est sur des machines qui peuvent être très obsolètes. Quand aujourd'hui, on se balade dans des usines, on tombe face à des systèmes qui ont parfois 20 ans, 30 ans, voire plus, qui ont très peu de suivi d'un point de vue cybersécurité globale. La menace pourrait être beaucoup plus large que des frigos aujourd'hui", alerte l'expert Antoine Vallée.
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