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Le pétrole au-dessus de 100 dollars : pourquoi les carburants vont coûter de plus en plus cher

Le prix des carburants grimpe sous l'effet combiné d'un baril repassé au-dessus de 100 dollars, de capacités de raffinage réduites et d'une dépendance massive de la France aux importations. Pour Jean-Marc Jancovici, au-delà des variations de court terme, c'est surtout la baisse durable des volumes de pétrole disponibles qui annonce une hausse structurelle des prix.

Une station essence à Nîmes (illustration).

Crédit : FRANCK LODI/SIPA

"La quantité totale de pétrole produite dans le monde devrait à peu près être divisée par 2 d'ici 2050"

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Jean-Marc Jancovici

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Le carburant augmente encore et cela nous surprend plus que cela ne devrait. Dans le prix des carburants, il y a trois composantes. D'abord, le prix du pétrole brut qu'il faut envoyer dans une raffinerie. Ensuite, les marges de raffinage. Aujourd'hui, une composante supplémentaire s'ajoute : une partie des raffineries du Golfe persique n'est plus opérationnelle. Il y a donc des marges de négociation, parce que les volumes sont contraints sur les produits raffinés. Il faut savoir qu'en France, une petite moitié des produits raffinés que nous consommons, gasoil, essence, etc., est importée sous forme déjà raffinée. 

La troisième composante, c'est la fiscalité de l'État français. Or cette fiscalité ne bouge pas. Il y a bien un peu de TVA, mais c'est très marginal. Ce qui a beaucoup augmenté récemment, c'est à la fois le prix du pétrole, qui vient de repasser au-dessus des 100 dollars le baril, et les marges de raffinage, parce qu'une partie des capacités de raffinage dans le monde n'est plus disponible. Les raffineurs qui restent en profitent donc pour faire des marges plus importantes.

Un prix impossible à prévoir durablement

Beaucoup se risquent à prévoir le prix du carburant, mais les projections passées ne correspondent jamais à ce qui se produit réellement. Il n'existe pas, pour le pétrole, de loi simple de l'offre et de la demande qui permettrait d'anticiper correctement les prix. Intuitivement, on se dit que s'il y en a moins, c'est plus cher, et que s'il y en a plus, c'est moins cher. Mais si l'on regarde l'histoire du prix du pétrole dans le monde en fonction de la quantité totale disponible à l'achat, il n'y a pas de lien historique stable.

Il existe bien des variations de prix instantanées : quand, à un moment donné, il y a moins de pétrole disponible, ou davantage, le prix bouge. Mais ensuite, la demande s'ajuste. On retombe alors dans un système où l'on ne peut pas prédire un prix à partir d'un volume, ni un volume à partir d'un prix.

Ce que l'on peut prévoir, c'est la baisse des volumes

En revanche, ce que l'on peut prévoir sur le pétrole, c'est le volume. Et c'est cela que les automobilistes doivent avoir en tête. Indépendamment de tout pouvoir politique en France, la quantité totale de pétrole produite dans le monde devrait globalement être divisée par deux d'ici 2050.

Comme l'Europe importe 97% de son pétrole et la France 99%, cela signifie que, chez nous, les volumes disponibles vont être divisés par un facteur compris entre 2 et 20 dans les 25 ans qui viennent. Et cela, quel que soit le pouvoir politique en place, ce sera la même chanson. C'est en fonction de cette contrainte qu'il faut organiser notre avenir.

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