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L'Europe veut imposer aux compagnies aériennes low cost le bagage cabine gratuit

Le projet, qui nécessite l’aval du Conseil européen pour être entériné, déchaîne un puissant lobbying de la part des compagnies aériennes.

Un avion atterrissant à l'aéroport de Beauvais (illustration)

Crédit : Eric FEFERBERG / AFP

L'Europe veut imposer aux compagnies aériennes low cost le bagage cabine gratuit

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François Lenglet

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C’est une proposition du Parlement européen : les compagnies aériennes opérant des vols intérieurs européens auraient l’obligation d’accepter gratuitement, en plus des effets courants type sac à main, un bagage cabine de 7 kilos. Un bagage aux dimensions requises pour être chargé dans les racks au-dessus des sièges.


Le projet, qui nécessite l’aval du Conseil européen pour être entériné, déchaîne un puissant lobbying de la part des compagnies aériennes, en particulier les compagnies low cost type Easyjet, Ryanair ou Transavia, qui s’y opposent, car la plupart de ces transporteurs facturent le bagage cabine en plus du billet, pour une somme qui varie entre 15 et 50 euros. Parfois plus cher que le billet lui-même. De son côté, l’association des passagers européens milite, elle, pour un bagage cabine gratuit allant jusqu’à dix kilos.
 
Quel est l’argument des low cost pour maintenir ces pratiques, alors que sur les compagnies traditionnelles, le bagage cabine n’est pas facturé ? Elles expliquent que c’est toute leur mécanique économique qui se dérèglerait, et que c’est le passager qui paierait la note. Car la facturation des services annexes, principalement le transport des bagages, représente jusqu’à 20% du chiffre d’affaires des compagnies les moins chères. Ce sont donc des recettes loin d’être anecdotiques.

Un surcoût qui pourrait rogner les marges

Mais on imagine qu’ils intégreraient le coût des bagages dans un billet normal ? Sûrement, mais c’est justement ce qu’ils contestent, en expliquant que tout le monde n’a pas les mêmes besoins, et qu’il n’y a aucune raison de facturer plus cher le voyageur sans bagage, sauf à voir le trafic diminuer et donc leur activité être pénalisée.

En outre, tout cela pourrait avoir des coûts indirects. Le surpoids tout d’abord. Rajoutez une valise de 7 kilos par passager, et la note de carburant d’un transporteur peut prendre, sur une année, plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est autant de pris sur les marges.

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Sans compter le temps de chargement, parce qu’une partie de ces bagages irait en soute, faute de place suffisante. Sur les rotations d’une journée, ça peut représenter une heure de perdue. Alors que les low cost sont réputées pour optimiser le temps au sol de façon à effectuer le maximum de desserte sur une journée. Surcoût, là encore. 
 
Alors, comme cela va tourner ? Le Parlement maintient son projet, en expliquant que le consommateur a le droit à un tarif transparent. De leur côté, les compagnies s’arc-boutent sur le système actuel, en avertissant que si l’Europe passe outre leur prévention, c’est l’ensemble des billets d'avion qui vont se trouver renchéris, non seulement les leurs, mais aussi ceux des compagnies traditionnelles, parce que la pression concurrentielle exercée sur eux sera plus faible.

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