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Ils produisent les corps d'obus pour les canons Caesar : les difficultés s'accumulent aux Forges de Tarbes, les salariés en appellent à l'État

ENQUÊTE RTL - Entreprise stratégique du réarmement français, les Forges de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, risquent de disparaitre. Seule usine en France à produire des corps d'obus pour les canons Caesar, l'usine est à la peine et les salariés tirent la sonnette d'alarme. Ils publient une lettre ouverte et en appellent à l'État.

Des obus aux Forges de Tarbes

Crédit : AFP

Emilie Baujard

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C'est un des sites stratégiques pour la défense française, le seul à fabriquer des corps d'obus de 155 mm pour les canons Caesar qu'on peut notamment voir en Ukraine. Un savoir-faire technique relancé par l'économie de guerre, mais un savoir-faire à nouveau en danger.

Le site qui emploie 63 personnes fait face à des fermetures de plusieurs semaines, des matières premières qui n'arrivent plus, un manque de trésorerie. Plusieurs salariés ont accepté de parler à RTL de manière anonyme, par peur des représailles.

"L'outil de production est vraiment ancien, des années 80, et il n'a pas eu d'entretien suffisant pour le maintenir, ça entraine des pannes à répétition", alerte un salarié qui ajoute : "On recevait de la matière première mais depuis le mois de mars on ne reçoit plus rien, pour la bonne et simple raison qu'on n'a pas payé le fournisseur".

Le site des Forges de Tarbes a pourtant été sauvé en 2021 par un repreneur français : Europlasma.

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Le groupe devait investir des millions d'euros, moderniser l'usine, et sortir plus de 160.000 obus par an. C'est ce que le groupe annonçait. 5 ans plus tard, Europlasma accuse une perte de 35 millions d'euros et est très loin des 160.000 munitions comme le raconte un autre salarié : "l'outil de travail n'est pas adapté du tout pour faire cela. On peut sortir maximum 60.000 obus par an".

"S'il n'y a plus ce contrat, c'est terminé"

Autre point de crispation : KNDS, le groupe industriel franco-allemand qui fabrique notamment les canons Caesar est le seul client des Forges de Tarbes. Selon les salariés, KNDS est venu récupérer ses stocks d'acier ces derniers jours. Contacté, KNDS ne souhaite pas faire de commentaire à ce sujet.

Mais ce salarié craint la fermeture du site. "S'il n'y a plus ce contrat, c'est terminé. Et aujourd'hui s'il n'y pas KNDS, il n'y a plus rien à faire aux Forges de Tarbes. Pour moi, on ne tient même plus jusqu'à la fin du mois, il va se passer quelque chose de dramatique". 

Une porte-parole d'Europlasma rappelle à RTL que les Forges étaient en faillite en 2021 et que la production d'obus a bien augmenté entre la date de la reprise et aujourd'hui. Europlasma assure également que KNDS n'a pas repris ses stocks d'acier et que "les perspectives pour 2027 sont conformes aux prévisions".

Pas de quoi rassurer les salariés qui publient aujourd'hui une lettre ouverte que RTL a pu consulter. Les 63 salariés en appellent à l'État, qui a investi de l'argent public pour sauver cette entreprise. Ils écrivent : "Nous demandons à l'État de se saisir de la situation, d'apporter des solutions concrètes et de contribuer à la recherche d'un véritable projet industriel permettant de préserver l'activité et nos emplois".

Joint par RTL, le ministère des Armées assure suivre la situation des Forges de Tarbes de près. 

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