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Michel Picon, président de l'union des entreprises de proximité ce mardi 10 mars
Crédit : RTL
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Alors que la guerre en Iran dure depuis onze jours et que les cours du pétrole fluctuent fortement, les petites entreprises s’inquiètent des conséquences économiques. Et "l’incertitude n’est pas bonne pour le business", insiste Michel Picon, au micro de RTL ce mardi 10 mars, en particulier si les tensions s’installent dans la durée.
La hausse rapide des prix à la pompe ces derniers jours suscite la colère du représentant des petites entreprises. "On a déjà des entreprises qui payent une facture de livraison plus élevée", explique-t-il. La semaine dernière, lors d’un conseil des entreprises avec le gouvernement, il a interpellé les autorités après une hausse du carburant constatée en seulement trois jours.
Pour lui, certains acteurs profitent de la situation. "Il y a des effets d’aubaine chez les distributeurs ou chez d’autres intervenants", affirme-t-il. Il se félicite néanmoins des 500 contrôles lancés par le gouvernement pour surveiller les prix.
"Vendre le litre d’essence ou de gazole à plus de deux euros à cette heure-là, c’est prendre les Français pour des dindons", dénonce-t-il, estimant qu’aucun acteur n’était réellement contraint d’augmenter les tarifs aussi rapidement.
Malgré ces difficultés, le président de l’Union des entreprises de proximité ne réclame pas de soutien massif de l’État. "Le chéquier tous azimuts, on pourrait le demander, mais chacun connaît la situation des finances de notre pays", souligne-t-il. Après les dépenses importantes engagées ces dernières années, relancer un dispositif comparable au "quoi qu’il en coûte" serait selon lui irresponsable.
Il plaide plutôt pour des aides ciblées destinées aux secteurs les plus exposés, notamment les entreprises fortement consommatrices d’énergie.
Parmi les professions particulièrement concernées figurent les boulangers, dont les fours consomment beaucoup d’électricité ou de gaz.
Dans ce contexte, Michel Picon estime que certains ajustements de prix seront inévitables. "Si le croissant doit prendre 10 ou 15 centimes de plus pour aider le boulanger à passer cette période, il faudra l’accepter", affirme-t-il.
Il insiste toutefois sur une condition : lorsque la crise énergétique se calmera, les prix devront revenir à un niveau normal.
Au-delà des prix de l’énergie, il appelle aussi les Français à continuer à consommer pour soutenir l’activité. "Privilégiez vos commerçants de proximité, privilégiez vos artisans", lance-t-il, invitant par exemple les particuliers à ne pas reporter leurs travaux de rénovation par crainte de la situation économique.
Selon lui, l’enjeu est d’éviter un ralentissement général de l’activité. "On a besoin d’activité. Il ne faut surtout pas que tout s’arrête, parce que là on rajouterait de la crise à la crise", conclut-il.
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