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Goldman Sachs, entre prévisions insensées et conflit d'intérêt

REPLAY / ÉDITO - Au beau milieu de la tourmente boursière mondiale, la banque d'affaire américaine Goldman Sachs a fait lundi 8 février des prévisions sur le cours du pétrole intrigantes.

Le siège de Goldman Sachs à Manhattan
Le siège de Goldman Sachs à Manhattan
Goldman Sachs, entre prévisions insensées et conflit d'intérêt
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Goldman Sachs, entre prévisions insensées et conflit d'intérêt
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François Lenglet & Loïc Farge

L'un des experts du grand établissement financier Goldman Sachs a déclaré lundi 8 février que le baril du pétrole n'était pas prêt de remonter, et qu'il pourrait même chuter encore de 30%, pour atteindre 20 dollars le baril. Des prévisions qui n'ont aucun sens, puisque tout le monde se trompe toujours sur les cours du pétrole. Cela rappelle des pronostics que la même banque avait fait en 2008. Elle annonçait que le baril allait grimper jusqu'à 200 ; il est en fait tombé à 40 dans les semaines qui suivirent. Pourquoi s'entêtent-ils à faire des prévisions toujours démenties ? Pour deux raisons. D'abord, ils conseillent leur clients et leur vendent des des stratégies d'investissement. On attend donc d'eux des scénarios sur l'économie mondiale, comme des autres banques d'investissement. Ensuite - et ça leur a été beaucoup reproché -, ils influencent ainsi le marché et peuvent en profiter. En 2008 justement, leurs annonces sur la hausse à venir a fait effectivement grimper les cours, car tout le monde s'est mis à acheter du pétrole dans l'espoir de profiter de la hausse. Eux en possédaient beaucoup, ce qui leur a permis de réaliser une énorme plus-value en vendant au bon moment, au détriment des gogos qui avaient acheté trop tard.

Ils sont juge et partie. Cela s'appelle du conflit d'intérêt et, selon une enquête du journaliste Matt Taibi parue il y a quelques années, c'est comme cela que cette banque a fait sa fortune. C'est elle qui aurait été à l'origine de toutes les bulles spéculatives du siècle. De la folie boursière de 1929, où la banque new-yorkaise a multiplié les acrobaties financières, jusqu'à la crise des subprimes, où Goldman Sachs a été un acteur essentiel dans l'invention des crédits pourris. Elle recommandait ces produits financiers à ses clients du monde entier alors que dans le même temps, elle s'en débarrassait et pariait même des sommes considérables sur la faillite du système. On allait oublier la bulle Internet, dans les années 1990, où là encore on a arnaqué les gogos en leur vendant très cher des actions de start-up fantoches. N'importe quoi.com.

En 2014, le salaire moyen des 34.000 employés de la banque était de 350.000 euros par an

François Lenglet

Goldman Sachs est régulièrement condamnée pour ces pratiques. Il y a trois semaines, ils ont par exemple signé un deal avec les autorités américaines pour éteindre les poursuites liées aux subprimes, en contrepartie d'une pénalité de 5 milliards de dollars. 5 milliards, ce n'est rien à côté de ce qu'ils ont engrangé. Ils bénéficient aussi d'un réseau de relation extraordinaire. Car bon nombre de responsables de la politique économique américaine sont passés par Goldman Sachs, y compris les secrétaires d'État au Trésor (c’est-à-dire les ministres des finances américains) des deux partis, républicains et démocrates.

Il ne s'agit pas d'un complot formel, organisé, mais d'incessants aller-retours entre l'administration et les grandes banques d'affaires de Wall Street qui finissent par brouiller les frontières entre l'intérêt privé et celui de la nation. Le tout au nom de sommes d'argent extravagantes. En 2014, le salaire moyen des 34.000 employés de la banque était de 350.000 euros par an. Il s'agit d'une moyenne. Inutile de dire qu'elle est tirée vers le haut par les salaires déments des banquiers eux-mêmes. Lloyd Blankfein, l'actuel patron de Goldman Sachs, fils d'un employé de la poste américaine, gagne une vingtaine de millions par an. Selon l'agence Bloomberg, il serait milliardaire en dollars.

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