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Entre 2001 et 2015, la France n'a pas créé d'emplois marchands

REPLAY / ÉDITO - La France est toujours à 15,8 millions d'emplois marchands, un seuil qu'elle avait atteint en 2001. L'emploi est pourtant resté stable sur cette période.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Entre 2001 et 2015, la France n'a pas créé d'emplois marchands
03:19
François Lenglet

Retour sur ce chiffre incroyable que l'on apprenait vendredi dernier : la France n’a pas créé d’emplois marchands entre 2001 et 2015, c’est à dire sur 14 ans. Nous sommes toujours à 15,8 millions d'emplois marchands salariés, un chiffre que la France avait déjà atteint en 2001. Ce nombre avait progressé jusqu’en 2008, au moment de la crise financière, pour redescendre depuis. Il est plat depuis le début de l’année 2015. Mais on a quand même connu un peu de croissance sur cette période, comment se fait-il que l’emploi soit resté stable ?

C’est vrai que le PIB a progressé de 15 % sur ces 14 ans – remarquez que c’est peu, ça fait à peu près 1% par an. Mais cela correspond à peu près à la productivité de l’économie, c’est à dire à l’amélioration de l’efficacité. Prenez une usine de 1000 personnes, qui produit 1000 tonnes de médicaments par exemple. D’une année sur l’autre, elle améliore légèrement son fonctionnement, grâce à de nouvelles machines, à de petites modifications de l’organisation, et elle va produire un peu plus, peut-être quelques tonnes supplémentaires, avec le même nombre de salariés. C’est ce qu’on appelle la productivité spontanée. Elle varie selon les secteurs, elle est bien sûr plus forte dans l’industrie que dans les services comme la coiffure par exemple – il n’y a pas de rupture technologique dans la façon dont on coupe les cheveux, enfin pas depuis qu’on a inventé la tondeuse. Il n’y en a pas non plus dans la restauration. En moyenne, cette productivité spontanée est d’un peu moins de 1% par an, c’est à dire qu’on peut produire un peu moins de 1% en plus chaque année sans embaucher. Ça explique que le PIB français ait progressé alors que l’emploi, non.

Des bouleversements dans l'emploi

Les emplois d‘aujourd’hui ne sont pas exactement les mêmes qu’en 2001. Sous l’apparente stabilité, il y a eu des bouleversements. Le plus gros concerne l’industrie : en 14 ans, l’industrie française a perdu un million d’emploi, passant de 4 millions à trois millions. Une véritable saignée, due pour partie à la productivité spontanée dont nous parlions à l’instant, mais surtout à de moindres ventes à cause de la montée des coûts salariaux français, et bien sûr à la crise sévère de 2008-2012. En contrepartie, le secteur des services a gagné ce million d’emplois, principalement dans trois domaines : le commerce de détail, l’hébergement-restauration et le médico-social. C’est le portrait économique de la nouvelle France : il y a de plus en plus de touristes et de seniors, les restaurant et les maisons de retraite remplacent les usines.

Les autres pays ont-ils connu la même saignée de leur industrie ? En majorité oui, mais pas tous au point de la France. Le déclin de l’industrie, en proportion de l’économie, est inévitable à mesure qu’un pays s’enrichit, exactement comme de celui de l’agriculture. Mais il est plus prononcé dans les pays anglo-saxons, le Royaume-Uni et les États-Unis, et la France, qui se sont davantage tournés vers les services que les autres pays développés. Dans ces trois pays, la chute de l’emploi industrie sur ces 14 ans est de 20 à 30%. Et à l’inverse, il y a une exception dans le monde occidental, c’est l’Allemagne, qui n’a connu qu’une chute de l’emploi industriel de 5%.

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