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Christian Menanteau : "Le compte pénibilité : un bras de fer entre le gouvernement et le patronat"

REPLAY - Alors que la fronde du patronat contre le compte pénibilité s'amplifie, le gouvernement lui annonce qu'il ne renoncera pas à la mesure.

Christian Menanteau : "Le compte pénibilité : un bras de fer entre le gouvernement et le patronat"
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Le compte pénibilité fait l'objet d'un bras de fer très virulent entre le gouvernement et le patronat. Et pourtant rien ne cloche sur le fond. L'esprit de la loi est légitime, fondé : une société civilisée se doit de poser des amortisseurs autour des travaux les plus pénibles.

Il s'agit ici de prendre en compte les contraintes des métiers les plus durs ou dangereux. Avec ce compte qui est individualisé, le salarié accumule des points qui varient en fonction de la pénibilité du poste. Ces points lui permettent en théorie de suivre une formation pour changer d'affectation, pour réduire son temps de travail et même pour partir en retraite plus tôt. 

Un dispositif jugé trop complexe par le patronat

Mais pour les entreprises qui sont vent debout contre le compte pénibilité il y a deux problèmes. Le coût de la mesure tout d'abord : de 500 à 600 € par salarié et par an en moyenne selon le patronat. Et ensuite l'extrême complexité de la mesure. L'Union métallurgique et minières a tenté de mettre en forme le dispositif pour ses branches : il faut 320 pages pour en faire le tour. 

C'est ainsi que l'on découvre qu'il faut soulever quotidiennement plus de 15 fois un objet de plus de 10 kg avec un mouvement de bras de plus de 60° pour valider 10 points. C'est tellement ubuesque que les plus pragmatiques du gouvernement Valls sont prêts à simplifier cette usine à gaz. 

Le gouvernement s'accroche au compte pénibilité

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Le problème c'est que Marisol Touraine qui est l'invitée de RTL ce jeudi 4 décembre et le chef du PS sont intransigeants : la loi pénibilité est sacrée. Parce que c'est la contrepartie d'un deal avec Jean Marc Ayrault sur le report de l'âge de la retraite. Parce que que c'est une ligne rouge pour la CFDT qui reste le seul interlocuteur cohérent du gouvernement. Enfin parce que tout le monde craint la mise en place dissimulée de nouveaux régimes spéciaux de retraites.

Le gouvernement ne va pas renoncer mais il va reculer et ajuster les 10 critères de pénibilité. On va bricoler un peu pour rapprocher les textes de la vraie vie. Ce qui sur le fond ne changera rien : la loi ne sera applicable que dans les grandes entreprises qui disposent des moyens financiers et humains pour se conformer aux lois.  Pour les autres il en sera de ces textes comme de centaines d'autres : on bricolera, on donnera le change. Et tout le monde fera semblant d'acter un progrès social.

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