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Une vache dans une exploitation de Landricourt (Aisne), le 23 juin 2026.
Crédit : Valentin Boissais / RTL
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À la ferme de Landricourt (Aisne), c’est comme chaque matin l’heure de la traite. Mais ce mercredi 23 juin, les cuves se remplissent moins vite que d’habitude. Alors que la France vient de connaître la troisième journée la plus chaude jamais enregistrée depuis 1947, la production de lait a nettement reculé, autour de 20%, selon l’éleveur interrogé par RTL.
"C'est une réaction au fait que les vaches ne vont pas très bien", explique-t-il. Les animaux bougent moins dans le bâtiment et "arrivent un peu en retard" aux robots de traite automatiques. Et, "une vache qui est vraiment trop en retard, il faut qu’on aille la chercher", explique l'agriculteur au micro de RTL. "Pour la santé de son pied et pour la qualité du lait."
Les données suivies en temps réel sur l’écran de contrôle du troupeau confirment l’ampleur du décrochage. La moyenne hebdomadaire était de 34 kilos. Elle est désormais tombée à 27,6 kilos, soit une baisse de 20% de la production de lait à cet instant. "On n'a jamais connu de baisse à ce point", note l'éleveur. "Donc c'est grave. Les jours qu'on vit là sont un peu exceptionnels."
Pour limiter les effets de la canicule, l’exploitation cherche des solutions : créer des courants d’air dans les bâtiments, améliorer la ventilation et envisager l’installation de ventilateurs pour rafraîchir les animaux.
Mais la chaleur ne frappe pas seulement le troupeau. À l’extérieur, dans les parcelles de l’exploitation, le constat est tout aussi préoccupant. Joseph Leterme cultive notamment 40 hectares de maïs. "Les champs sont très secs, la terre est très sèche en surface", décrit l'agriculteur. Les effets du manque d’eau se lisent directement sur les plantes. "On voit sur le port des feuilles qui s'abattent, les feuilles de maïs qui s'enroulent, les feuilles de betterave qui se collent au sol."
Cette dégradation rapide perturbe le calendrier de l'exploitation. Dans le secteur, certaines parcelles sont déjà en moisson depuis le week-end précédent, un phénomène inhabituel à cette période de l’année. Joseph Leterme mesure lui-même l’accélération : "Je retiens que je me suis installé il y a quasiment 40 ans. On récoltait les escourgeons ici autour du 14 juillet. Et là, on a démarré aujourd'hui dans le secteur le 20 juin. Donc on a au moins avancé entre 15 jours et 3 semaines la moisson."
Le contraste est d’autant plus fort que la météo avait jusque-là été plutôt favorable. Si la pluviométrie avait été à peu près normale pendant le printemps, quasiment tous ses bénéfices ont été perdus en quelques jours à cause de la chaleur.
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