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"C'est un peu abusé" : cette mesure annoncée par la Belgique pourrait coûter cher aux automobilistes français

Dès l'année prochaine, les véhicules circulant sur les routes belges devront disposer d'une vignette coûtant entre 90€ et 125€ par an (ou entre 8,10€ et 11,25€ par jour). La mesure, qui doit encore être validée par les autorités européennes, suscite des inquiétudes chez les frontaliers français.

Une portion d'autoroute en Belgique.

Crédit : ERIC LALMAND / BELGA / AFP

Quentin Menu

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125 euros pour rouler sur les routes belges. Dès l'année prochaine, les automobilistes français pourraient avoir à débourser une certaine somme s'ils veulent circuler en Belgique. Car l'achat d'une vignette numérique, une sorte de laisser-passer, pourrait être obligatoire dès le printemps prochain. Une mesure qui aura forcément un impact sur le budget des touristes, mais surtout sur celui des Français qui traversent la frontière régulièrement.

Le projet de vignette numérique a été annoncé par les trois régions du royaume (la Wallonie, la Flandre et Bruxelles) au début du mois de juillet. Une mesure qui concernera les Belges et les étrangers circulant en Belgique afin de faire contribuer les usagers de la route à l'entretien du réseau routier régional, explique la région Wallonie sur son site internet. Seules les petites routes communales ne seront pas concernées.

125€ par an pour les véhicules les plus polluants

Tous les automobilistes conduisant un véhicule léger (de moins de 3,5 tonnes) devront ainsi posséder cette vignette, sous peine d'une amende de 70€, qui "pourra être doublée ou triplée en cas de récidive", préviennent les autorités.

Cette vignette, numérique, coûtera 90€, 100€ ou 125€ par an selon la catégorie du véhicule (les moins polluants paieront moins, les plus polluants contribueront le plus). Des options de courte durée – utiles notamment pour les touristes qui ne sont que de passage – seront également disponibles. Pour un pass de 24h, par exemple, les visiteurs devront débourser entre 8,10€ et 11,25€ pour pouvoir circuler sur les routes régionales ou les autoroutes belges.

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Il s'agit ici pour les autorités belges de compenser la gratuité des routes dans le royaume (contrairement à la France, il n'y a pas de péages en Belgique). Mais cette mesure inquiète vivement les travailleurs frontaliers ou les habitués résidant dans le nord de la France et se rendant régulièrement dans le pays voisin. "Les vignettes à 10 euros la journée, je trouve que c'est un peu abusé au vu de l'état des routes, lâche un habitant des Hauts-de-France à France 3. Et quand on vient en Belgique, pratiquement tous les parkings sont payants, c'est assez cher aussi, donc je suis mitigé." Une autre nuance : "On viendra peut-être moins souvent, mais ça ne va pas nous empêcher de venir."

Selon l'Insee, il y avait environ 36.000 frontaliers travaillant en Belgique en 2021. Un nombre qui ne cesse de croître (+30% en près de dix ans). D'autres s'y rendent par habitude, ou par nécessité, comme cette mère de famille, dont un des trois enfants est autiste : "Je me rends souvent à Mons pour ses loisirs. Le personnel belge est beaucoup plus formé pour les enfants qui ont des spécificités, confie-t-elle à La Voix du Nord. Avec cette vignette, on se sent pris en otage." D'ailleurs, le journal du nord de la France a commencé à recenser les trajets que pourront emprunter les automobilistes voulant rejoindre des villes belges sans s'acquitter de la vignette (en passant par les petites routes).

Conforme au droit européen ?

Le projet n'est pas encore complètement validé. Il faut encore s'assurer que cette taxe sera conforme au droit européen. Car si la vignette concernera tout le monde, Belges comme étrangers, les gouvernements régionaux assurent que "l'introduction de la vignette routière devrait être globalement neutre pour les automobilistes", qui pourraient voir ce surcoût compensé par une baisse de la fiscalité automobile. Or, l'Union européenne pourrait mettre un coup de frein au projet si elle considère qu'il est discriminatoire vis-à-vis des non-Belges. La justice européenne avait déjà retoqué un dispositif similaire que voulait mettre en place l'Allemagne.

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