1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Yegna, le groupe éthiopien qui combat les inégalités hommes-femmes en musique
2 min de lecture

Yegna, le groupe éthiopien qui combat les inégalités hommes-femmes en musique

Elles sont cinq, ont des surnoms rigolos comme les Spice Girls et défendent, à travers leurs chansons pop, les droits des filles dans leurs pays.

Les 5 membres du groupe Yegna
Les 5 membres du groupe Yegna
Crédit : Facebook/Yegna
Arièle Bonte
Arièle Bonte

Le Royaume-Uni avait les Spice Girls, la France les L5, l'Éthiopie a aussi son Girls Band : Yegna. Cinq jeunes femmes qui défendent à travers leurs chansons les droits des petites filles dans leur pays. Fondé en 2013 par Girl Effect, une organisation britannique, ce groupe de musique (qui joue aussi la comédie) vient de recevoir une donation de 5,2 millions de livres sterling (environ 6 millions d'euros) de la part du gouvernement britannique, rapporte le Daily Mail. L'objectif d'un tel montant ? Donner un gros coup de pouce à ce groupe pour qu'il étende son champ d'actions à travers l'Éthiopie.

Elles se font appeler Melat, Mimi, Zebiba, Sara et Lemlem et ont toutes les cinq la vingtaine. Dans leurs clips vidéo, on les voit chanter et exécuter de jolis pas de danse dans des villages pauvres, à la fenêtre d'une modeste maison ou devant le bureau d'une école, entourées de joyeux enfants. Sur YouTube, comme dans leurs pays, ces filles sont de vraies stars et cumulent les millions de vues.

Mélodies pop et sujets tabous

Leurs chansons mais aussi leurs podcast et feuilleton télé font un carton. La particularité de Yegna : ses interprètes s'adressent aux jeunes filles et abordent dans leurs morceaux aux mélodies pop des sujets loin d'être légers - parfois tabous - comme les mariages forcés, la migration des jeunes qui partent à l'étranger ou les grossesses chez les ados. "Nous avons une mission : donner de la voix aux femmes qui n’en ont pas", explique Teref Kassahun (Melat, de son nom de scène) dans un entretien avec Le Monde. "Nous avons une responsabilité vis-à-vis des jeunes filles car nous sommes une source d’inspiration, des modèles, comme des grandes sœurs", ajoute Eyerusalem Kelemwork, interprète de Sara, au Monde.

Car dans ce pays, 84% des petites filles en Éthiopie ne suivent pas d’enseignement secondairerapporte l'organisation Girl Effect. Des figures féminines qui leur montrent qu'une autre voie est possible et qui les encouragent à poursuivre leurs études, à voir plus grand pour leur avenir. Selon l'association, 76% des filles qui écoutent Yegna disent que le groupe les a inspiré à continuer leur scolarité tandis que 65% des auditeurs disent que leur émission radio leur a fait voir différemment les filles.

À lire aussi

Financé par le gouvernement britannique à hauteur de millions de livres sterling (en 2013, Girl Effect avait déjà donné 4 millions au groupe), Yegna (qui signifie "nous" en amharique) a dû faire face à des critiques Outre-Manche, rapporte le Daily Mail. "Cet argent pourrait être dépensé ici pour aider les personnes âgées", a expliqué le parlementaire conservateur Peter Bone. "C’est impossible de changer en cinq ans une mentalité qui existe depuis des générations", se défendent les principales intéressées dans Le Monde. Elles ne sont pas prêtes de s'arrêter de chanter.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/