2 min de lecture Société

Vente de "Mein Kampf" : une association juive proteste

Une association juive a demandé le retrait d'un exemplaire de "Mein Kampf" d'une vente aux enchères prevue le 16 mai à Paris.

Un exemplaire de "Mein Kampf" signé par Hitler, le 25 février 2014. (archives)
Un exemplaire de "Mein Kampf" signé par Hitler, le 25 février 2014. (archives) Crédit : FREDERIC J. BROWN / AFP
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et AFP

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), une association juive, a demandé à la maison d'enchères Pierre Bergé et Associés de retirer d'une vente prochaine un exemplaire de "Mein Kampf" daté de 1925 et illustré d'un portrait d'Hitler.

Cette édition originale, estimée 3.000 à 4.000 euros, fait partie d'une grande vente prévue le 16 mai à l'Hôtel Drouot. Composée de quelque 420 lots (livres, manuscrits), celle-ci réunit la collection de Philippe Zoummeroff, industriel à la retraite, autour de la criminologie et des grandes affaires criminelles.

"Hitler est avant tout un criminel"

Dans un communiqué ce mardi, le BNVCA estime que "Mein Kampf" est présenté "comme s'il s'agissait d'un objet d'art, écrit par un poète ou un membre de l'Académie Française".

Pour l'association, "Hitler est avant tout un criminel contre l'Humanité, un assassin".
Le BNVCA demande également à la ministre de la Culture "d'intervenir auprès de cette société pour que ce livre soit interdit à la vente et confisqué".

"Vigilance sur cette vente"

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Mi-avril, la vente d'une quarantaine d'objets nazis ayant appartenu à Hitler et Goering, qui avait suscité l'indignation du Crif et du BNVCA, avait été annulée par une autre maison d'enchères après l'intervention d'Aurélie Filippetti.

Interrogé ce mardi, le Conseil des ventes volontaires (CVV) a fait part de sa "vigilance sur cette vente" autour du crime. Il a indiqué s'être "rapproché" de la maison d'enchères pour voir quels lots étaient susceptibles de poser problème et quelles pourraient être "les solutions appropriées" selon les cas.

"Des éléments de peau humaine"

Le CVV a repéré un livre dont la couverture comprend des éléments de peau humaine. Or la loi interdit le commerce de restes humains. Le catalogue évoque "un extraordinaire recueil de documents" concernant l'assassin Rambert et les tatouages en prison, réunis par le docteur Jean Lacassagne, "dans une étonnante reliure faite avec la peau de Rambert". 

"Il a légué sa peau tatouée"

Coupable d'un double assassinat en 1930, Louis-Marius Rambert est mort en prison en 1934, après avoir rédigé ses mémoires et les avoir confiés au docteur Jean Lacassagne (1886-1960), qui l'avait soigné, et à qui il a légué sa peau tatouée. Le lot, accompagné de documents, est estimé 10.000 à 12.000 euros. Le CVV devrait selon toute vraisemblance en demander le retrait.

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