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Université : pourquoi la sélection inquiète les syndicats lycéens et étudiants

ÉCLAIRAGE - Le gouvernement a dévoilé lundi 30 octobre son Plan Étudiants qui comprend notamment la réforme de la plateforme admission post-bac.

Des étudiants à la bibliothèque de l'université Lyon 3 (illustration)
Des étudiants à la bibliothèque de l'université Lyon 3 (illustration)
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

La plateforme admission post-bac a montré ses limites avec des milliers de lycéens sans affectation lors de la précédente rentrée scolaire. Certaines filières, engorgées, ont été obligées de recruter par tirage au sort avec, en bout de ligne, un taux d'échec de près de 60% en première année à l'université. Face à ce constat d'échec, le gouvernement a travaillé sur le passage entre lycée et université.

Lors de la présentation du Plan Étudiants ce lundi 30 octobre, Édouard Philippe a ainsi confirmé la fin du tirage au sort pour l'entrée dans les filières universitaires les plus demandées, laissant place à la sélection. Une mesure qui sera effective dès la rentrée 2018.

Cependant, si tout le monde semblait unanime sur la nécessité d'une réforme de la plateforme admission post-bac, passage obligatoire pour les élèves de terminale, plusieurs syndicats s'alarment sur le nouveau dispositif mis en place par le Premier ministre et les ministres concernés. 

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Une réforme discriminatoire

Les lycées seront désormais consultés dans cette procédure d'orientation. Dès le 2e trimestre de terminale, chaque vœu sera examiné par les professeurs qui donneront donc leurs avis avant que le dossier ne parte à l'université. Cette dernière pourra ainsi les examiner et mettre fin au tirage au sort informatique.

"Je n'ai jamais eu peur du mot sélection" mais "entre la sélection brutale et le tirage au sort, il existe une palette de solutions beaucoup plus souples, plus humaines et plus intelligentes", a tempéré le Premier ministre ce lundi 30 octobre.

La sélection est une forme de discrimination

Valentin Heitzler, président de la Fidl
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Chez les syndicats représentants lycéens ou étudiants, la colère est réelle : "Les présidents d'université pourront trier les dossiers des étudiants et à la fin, ils pourront dire non à certains qu'ils jugent moins aptes à rentrer dans telle ou telle formation. Ce sont des jeunes qui ne pourront pas réaliser leur projet d'étude, leur projet d'orientation, leur projet professionnel et qui du coup, ne pourront pas continuer leurs études dans de bonnes conditions", critique Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, au micro de RTL.

"L'hyprocrisie" du gouvernement

Si les bacheliers pourront officiellement faire le "forcing" pour entrer dans une filière malgré un avis négatif de l'université, le fonctionnement sera différent dans les filières en tension. "Si pour des raisons de capacités d'accueil (...) il y a plus de demandes que de places dans certaines filières", les candidats seront retenus en fonction "de l'adéquation de leur profil et de leur parcours", a précisé Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et l'Innovation. 

Contacté par RTL.fr, Valentin Heitzler, le président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), dénonce "l'hypocrisie du gouvernement". "On nous a parlé de pré-requis, puis on nous a dit que les pré-requis étaient supprimés, puis que les dossiers allaient être envoyés aux universités... Il y a une contradiction car il y a bien une forme de sélection", attaque-t-il. Et d'ajouter : "Il y a la volonté d'enlever une partie des élèves des bancs de la faculté, or, la sélection est une forme de discrimination". 

Un manque d'accompagnement au lycée

"On nous propose des dispositifs pédagogiques pour quelques-uns, alors que c'est 60% d'échec en première année. Donc il faut aider la majorité des étudiants sur la base du volontariat pour les faire réussir et pas les trier sur le volet", critique Lilâ Le Bas. 

La sélection, c'est la ligne rouge à ne pas franchir

Valentin Heitzler, président de la Fidl
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Des propos également repris par Valentin Heitzler. "S'il y avait plus de places et un accompagnement réel tout au long du lycée, il n'y aurait pas besoin de mettre en place cette sélection (...) Il faut avoir une réflexion de fond et davantage d'échanges entre le lycée et l'université car on ne peut pas décider de l'avenir d'un élève en cinq minutes en conseil de classe", explique-t-il.

C'est pourquoi, il propose dès lors de permettre aux lycéens de passer des journées à l'université afin de se familiariser à ce parcours ou encore de mettre en place des interventions dans les lycées... "Cette réforme doit passer par le fond et doit se faire par des moyens supplémentaires. Mais la sélection, c'est la ligne rouge à ne pas franchir", conclut-il appelant dès lors à une forte mobilisation à partir du 16 novembre prochain (date à laquelle plusieurs syndicats appellent à manifester pour contester la politique sociale menée par le gouvernement d'Emmanuel Macron, ndlr). Tout cela en brandissant le spectre des manifestations survenues en 1986 contre le projet de loi Devaquet, qui visait également à réformer l'université française. 

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