2 min de lecture Santé

Un essai clinique très prometteur pour traiter Alzheimer

Un traitement expérimental contre la maladie d'Alzheimer s'est révélé potentiellement prometteur et sans effets toxiques, selon les résultats d'un petit essai clinique publiés mercredi 2 novembre.

Une femme souffrant de la maladie d'Alzheimer à Angervilliers, en mars 2011 (photo d'illustration).
Une femme souffrant de la maladie d'Alzheimer à Angervilliers, en mars 2011 (photo d'illustration). Crédit : AFP / SEBASTIEN BOZON
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang

Les recherches pour lutter contre la maladie d'Alzheimer ont peut-être fait une grande avancée, selon une étude publiée dans la revue médicale américaine Science Translational Medicine ce mercredi 2 novembre. Un traitement expérimental contre la maladie neurodégénérative s'est révélé potentiellement prometteur, et surtout sans effets toxiques, d'après les résultats d'un petit essai clinique conduit par les laboratoires américains Merck, dans le New Jersey (États-Unis).

Une molécule, appelée "verubecestat", développée par les laboratoires Merck, réduit la présence de protéines toxiques beta-amyloïdes dans le cerveau en bloquant une enzyme appelée BACE1. Dans la maladie d'Alzheimer, une dégénérescence neurologique incurable liée au vieillissement, ces protéines forment des plaques en s'agglutinant, ce qui altère le fonctionnement des neurones, affectant les capacités cognitives dont notamment la mémoire.

Deux essais cliniques plus importants en cours

Les chercheurs ont mesuré les effets de cette molécule et constaté qu'une ou plusieurs doses de verubecestat pouvaient abaisser les niveaux nocifs de beta-amyloïde. Ces mêmes chercheurs avaient précédemment observé qu'une seule dose de cette molécule réduisait les taux de cette protéine chez des rats et des singes sans toxicité. Cette étude a ouvert la voie à deux essais cliniques plus étendus qui sont en cours avec près de 3.000 participants. Les deux essais cliniques internationaux en cours, dits de phase 3, pour évaluer l'efficacité clinique du verubecestat seront terminés en juillet 2017.

Les 32 participants au premier petit essai clinique souffraient de la maladie d'Alzheimer à des stades précoces et modérément avancés. Contrairement aux autres molécules neutralisant l'enzyme BACE1 développées et testées précédemment, la verubecestat n'est pas toxique. Elle n'a ainsi pas provoqué "d'effets secondaires hépatiques et neurologiques sévères", explique Matthew Kennedy, du laboratoire de recherche de Merck, cité sur le site de TV5 Monde.

900.000 personnes souffrent d'Alzheimer en France

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Si les résultats sont probants, ce traitement sous forme de comprimés pourrait être mis sur le marché d'ici deux à trois ans. Les traitements déjà commercialisés pour traiter Alzheimer minimisent les symptômes de la maladie mais aucun n'est encore capable de l'arrêter ou de ralentir sa progression. Deux autres molécules permettant de réduire les plaques amyloïdes,- le solanezumab, des laboratoires américains Eli Lilly, et le aducanumab, de la firme Biogen Inc -, font également l'objet d'essais cliniques de phase 3, dernière étape avant la mise sur marché.

Mais leur mécanisme d'action diffèrent. Il s'agit d'anticorps destinés à déclencher une réaction immunologique contre la protéine beta-amyloïde. La maladie d'Alzheimer représente la cause de démence la plus fréquente au monde, et touche près de 900.000 personnes en France.

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