Alzheimer : prise en charge, soins, chiffres... Où en est-on ?

INFOGRAPHIE - À l'occasion de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, le professeur Bruno Dubois, neurologue, et Michel Cymes, éditorialiste sur RTL, dressent un état des lieux de cette maladie qui touche plus de 900.000 personnes en France.

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Bruno Dubois, professeur en neurologie : "On accompagne beaucoup mieux les patients touchés par Alzheimer" Crédit Image : Thinkstock Crédit Média : La rédaction de RTL Télécharger

Ce mercredi 21 septembre est marqué par la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer. Cette maladie, qui représente la cause de démence la plus fréquente au monde, touche 900.000 personnes en France, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). 

Des études récentes menées notamment au Royaume-Uni affirment qu'une baisse de 20% des nouveaux cas serait observée depuis deux décennies. Pour le Professeur Bruno Dubois, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, il faut nuancer ces études : "On a l'impression que globalement le nombre des démences diminue parce qu'un certain nombre avaient un tropisme vasculaire. Et il est évident que quand on contrôle l'hypertension artérielle et le diabète, quand les gens se mettent à se prendre en charge, ont une meilleure alimentation et font du sport, cela a un impact sur les facteurs de risques vasculaires et ça va améliorer le vieillissement cognitif. Mais dire que ça a un impact sur les lésions elles-même, il y a un pas que je ne saurai franchir", assure, prudent, le professeur en neurologie. 

Une meilleure prise en charge

"Aujourd'hui, on accompagne beaucoup mieux les patients", confirme le Professeur Dubois. Il y a eu selon lui une prise de conscience qu'il fallait apporter un certain nombre d'éléments propices à un meilleur accompagnement des patients. D'autres éléments entrent en ligne de compte, comme notamment les campagnes de prévention qui ont joué un "rôle considérable" selon le neurologue : "Il faut savoir prendre en charge ces patients et éviter de les pénaliser sur leurs difficultés. Grâce à cela, on voit un nombre très important des patients qui n'ont plus de troubles du comportement que l'on observait avant".

Du côté du soin de la maladie, il n'existe pas de traitement qui la neutralise mais des essais sont pratiqués : "On n'a pas encore de médicament qui bloque les lésions mais il y a des médicaments qui sont en développement et qui ont montré une efficacité sur les lésions elles-même chez un certain nombre de patients", a expliqué le Pr Dubois qui se désole que ces médicaments ne montrent pour l'instant pas d'effets sur les symptômes. 

Dans son édito sur RTL, Michel Cymes est justement revenu sur les symptômes de cette maladie, la qualifiant notamment de sournoise. "On peut compter dix ou vingt ans entre le moment où elle commence à s'installer et l'apparition des premiers symptômes", a-t-il détaillé. Le problème de perte de mémoire constitue l'un des symptômes les plus fréquents mais ce sont surtout les oublis relatifs à l'univers affectif qui sont les plus alarmants. "Si vous appelez votre vieille maman à dix heures du matin, que vous lui repassez un coup de fil à midi et qu'elle n'a pas l'air de se rappeler que vous lui avez parlé deux heures auparavant, vous avez le droit de vous poser des questions", a donné comme exemple Michel Cymes

Difficultés de langage, problèmes de reconnaissance des objets ou des visages, problèmes pour se repérer dans l'espace et dans le temps ou encore l'altération du jugement sont autant de symptômes qui mettent la puce à l'oreille. 

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Alzheimer : "Soyez attentifs aux symptômes", avertit Michel Cymes Crédit Média : Michel Cymes Télécharger

Quels espoirs pour soigner la maladie d'Alzheimer ?

"On a des médicaments qui ont un effet sur les lésions", a indiqué le Professeur Bruno Dubois. "Quand on suit les patients qui sont dans des essais thérapeutiques, on voit qu'après un an et demi, il y a une diminution des lésions cérébrales. Le problème c'est qu'il n'y a pas d'effets sur les symptômes", se désole-t-il. 

Deux raisons peuvent expliquer cette absence d'effet selon le professeur Dubois : soit les lésions n'ont rien à voir avec la maladie, soit parce que ces médicaments sont essayés sur des patients trop avancés dans leur maladie : "C'est la raison pour laquelle on a une sorte de changement total et on se dit qu'il faut traiter ces patients le plus tôt possible, avant la démence et peut être même avant les symptômes puisqu'on a la possibilité d'améliorer les lésions elles-même", a-t-il précisé. Le projet consisterait donc à essayer de repérer les sujets qui seraient à risque pour les faire bénéficier des traitements qui bloquent les lésions et ainsi les empêcher de rentrer dans la maladie. 

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par Philippe Peyre
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Alzheimer : prise en charge, soins, chiffres... Où en est-on ?
INFOGRAPHIE - À l'occasion de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, le professeur Bruno Dubois, neurologue, et Michel Cymes, éditorialiste sur RTL, dressent un état des lieux de cette maladie qui touche plus de 900.000 personnes en France.
http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/alzheimer-prise-en-charge-soins-chiffres-ou-en-est-on-7784935339
2016-09-21 23:29:00
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