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Un collectif d'associations lance les "états généraux des migrations"

La politique migratoire de la France est dénoncée par un collectif d'associations, qui appelle "en urgence au respect des droits fondamentaux".

Évacuation du camp de migrants porte de la Chapelle à Paris
Évacuation du camp de migrants porte de la Chapelle à Paris
Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
François Quivoron & AFP

Un collectif rassemblant 470 associations a lancé les "états généraux des migrations". Le but de cette initiative est de dénoncer la politique menée par le gouvernement. En s'appuyant sur des concertations décentralisées et une mobilisation citoyenne, le collectif va établir une liste de propositions soumise aux printemps. "Nous sommes des dizaines de milliers de citoyens et notre voix doit être entendue", a lancé Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d'Emmaüs International, lors d'une conférence de presse.

Dans le collectif figurent notamment les grands acteurs nationaux, dont Cimade, Gisti, Ligue des droits de l'Homme, Médecins du monde et Secours catholique, mais aussi une multitude d'acteurs de terrain, comme le Mouvement citoyen Tous migrants ! à Briançon ou le collectif parisien Les P'tis déj à Flandres. L'initiative se veut "un contre-pouvoir pour dénoncer la situation inacceptable sur le terrain, exiger en urgence le respect des droits fondamentaux et l'inconditionnalité de l'accueil".

Un front uni pour dire stop

Jean-Claude Mas, le secrétaire général de la Cimade

Il s'agit aussi, pour les associations, de se mobiliser face à un projet de loi attendu en début d'année, et source d'inquiétudes : le texte "semble formaliser la politique assez détestable menée depuis six mois", a expliqué Jean-Claude Mas, le secrétaire général de la Cimade, en dénonçant une logique de "tri", avant tout "répressive et d'éloignement". "Aujourd'hui nous présentons un front uni pour dire stop", a-t-il ajouté, alors que les associations ont le plus grand mal à se faire entendre du ministère de l'Intérieur, qui en a reçu certaines en ordre dispersé en amont de son projet de loi.

"On va s'organiser sur le front politique", a promis Cédric Hérou de La Roya citoyenne, en expliquant que "pour sensibiliser l'État il faudra sensibiliser l'opinion publique". Ces états généraux "sont aussi une occasion de se coordonner sur le terrain", dans l'idée "de créer un rapport de force", a ajouté Pierre-Alain Mannoni de Solidarité Migrants 06, récemment condamné pour avoir aidé des migrants.

Car pour les petites associations, très engagées sur le terrain, "il faut aujourd'hui passer à une action politique en dehors de notre aide quotidienne", estime Bénédicte Chauvet des P'tis déj à Flandres.

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