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Transports : quels sont les projets mis en "pause" par le gouvernement ?

ÉCLAIRAGE - Les constructions de nouvelles grandes infrastructures, telles que des lignes à grande vitesse et des autoroutes, sont mises en pause.

Le nouveau TGV Océane en garde de Bordeaux Saint-Jean le 2 juillet 2017.
Le nouveau TGV Océane en garde de Bordeaux Saint-Jean le 2 juillet 2017. Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
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Julien Absalon
Journaliste RTL

"De quels transports les Français auront-ils besoin d'ici dix, vingt, trente ans ?" Le Premier ministre Édouard Philippe a résumé tout l'enjeu des Assises de la Mobilité, lancées mardi 19 septembre par le gouvernement. Elles consistent à entreprendre une réflexion sur la façon, pour l'État, d'aménager les transports pour les Français. "La politique des transports s'est longtemps centrée sur une politique d'équipement, et c'était nécessaire", remarque Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports, au micro de RTL.

Seulement, l'exécutif assure être dans une "impasse financière" l'empêchant de poursuivre les grands chantiers mis en œuvre. Élisabeth Borne fait porter le chapeau aux précédents quinquennats : "Il manque dix milliards d'euros pour honorer des promesses faites par nos prédécesseurs". D'autres problématiques entrent aussi en compte, notamment le souci, évoqué par Emmanuel Macron, de redonner un coup de pouce aux "transports du quotidien".

Par conséquent, il a été décidé de mettre en "pause" une vingtaine de projets d'infrastructures liés aux transports. Les Assises de la mobilité, d'une durée de trois mois, sont censées déboucher sur un projet de loi d'orientation des mobilités. Autrement dit, les priorités seront redéfinies avec des critères de rentabilité. "La pause va durer le temps de sortir de ces promesses non financées et d'avoir une loi de programmation des infrastructures dans laquelle on aura des engagements et des recettes", précise Élisabeth Borne qui, en attendant, l'assure : les projets concernés "ne vont pas être arrêtés".

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Les nouvelles lignes TGV

Feu rouge pour le TGV. C'est l'une des conséquences directes du choix de privilégier les "transports du quotidien". Après plusieurs années à construire et développer des lignes à grande vitesse (LGV), parfois avec des errements stratégiques préjudiciables, le gouvernement s'interroge sur la pertinence d'y placer tous ses pions.

"On a inauguré deux lignes à grande vitesse, cette année", rappelle Élisabeth Borne. Parmi elles, figure notamment la nouvelle liaison Paris-Bordeaux. Celle-ci est censée être prolongée vers Toulouse. La déclaration d'utilité publique a cependant été annulée. D'autres futures LGV sont aussi en suspens : Montpellier-Perpignan, Bordeaux-Dax et la deuxième branche de la ligne Rhin-Rhône allant jusqu'à Mulhouse.

Il y a aussi le projet du tunnel ferroviaire sous les Alpes entre Lyon et Turin, imaginé pour être l'un des plus longs du monde. A priori, il ne devrait pas être annulé. "La France s'est engagée par un traité international", a rappelé Édouard Philippe, précisant malgré tout que le sujet ferait l'objet d'une discussion lors du prochain sommet franco-italien, programmé le 27 septembre prochain.

Si tous ces dossiers font aujourd'hui l'objet d'un signal fermé, c'est pour ouvrir la voie à une modernisation des voies existantes empruntées par les TER ou les rames Intercités. "On a 5.300 kilomètres de ralentissement sur le réseau classique. C'est très concret pour les Français. Entre Paris et Laon, par exemple, les gens mettent de plus en plus de temps pour se déplacer. Entre Limoges et Angoulême, c'est la même chose".

Le canal Seine-Nord

Pour relier plus facilement le port du Havre au villes belges moins accessibles que Rotterdam, l'État avait projeté de creuser une voie d'eau de grand gabarit entre Compiègne et Cambrai. Le canal doit mesurer 107 kilomètres, avoir une surface de 54 mètres et une profondeur de 4,5 mètres. En principe, la fin des travaux devait avoir lieu en 2024.

Compte tenu des difficultés à trouver les 4,5 milliards d'euros, le gouvernement veut cependant étudier la possibilité de transformer la société de projet du Canal Seine-Nord en établissement public local, comme l'ont récemment proposé les élus régionaux pour permettre au projet de voir le jour. Plusieurs personnalités politiques ont ainsi proposé à l'État de prendre le relais financier jusqu'en 2019, afin de mettre en branle le chantier. 

Les nouvelles autoroutes

Élisabeth Borne a fait savoir que le budget alloué à l'entretien des routes serait augmenté de 100 millions d'euros pour 2018 : "C'est nécessaire. L'état des routes, aussi, est préoccupant. Il fallait mettre davantage d'argent sur l'entretien et la modernisation des routes".

Par conséquent, les constructions de nouvelles autoroutes sont là aussi gelées, telles que l'A31 bis dans la Lorraine ou encore l'A45 entre Lyon et Saint-Étienne.

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