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Traité de libre-échange transatlantique : les Européens "en position de force", selon Alain Lamassoure

REPLAY - L'eurodéputé estime que l'Union européenne ne doit pas avoir peur de signer le traité de libre-échange transatlantique (TAFTA).

Alain Lamassoure.
Alain Lamassoure.
Crédit : AFP
Traité de libre-échange transatlantique : les Européens "en position de force", selon Alain Lamassoure
08:51
Yves Calvi & Clémence Bauduin

Un traité, deux continents, et des avis divergents. Le 13e cycle de négociations sur le "partenariat transatlantique" entre les États-Unis et l'Europe débute cette semaine, et la controverse se fait plus que jamais ressentir. Les opposants au TAFTA arguent que sa signature porterait les Européens en position de faiblesse.

"Les Européens ont fait savoir que les normes sanitaires, en matière alimentaire, ne feraient pas l'objet de concessions", assure Alain Lamassoure, eurodéputé Les Républicains fermement convaincu du bon sens du TAFTA. Pourtant, les chiffres avancés dans l'éventualité d'une signature sont colossaux. L'exportation de la volaille américaine pourrait augmenter de 33.000% avec le TAFTA. "C'est ce que dit la propagande américaine et la nôtre dit le contraire. Nous sommes en train de négocier et chacun montre ses muscles. Dans cette affaire, les Européens sont en position de force", martèle Alain Lamassoure.

300.000 à 600.000 tonnes de viande importées

"S'il n'y avait rien à craindre, il y aurait un peu plus de transparence", regrette de son côté Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui exprime son inquiétude quant aux contingences de viande bovine ou de poulet qui seraient autorisées à venir des États-Unis. "On parle de 300.000 à 600.000 tonnes de viande bovine qui arriveraient sur le marché européen. On est en pleine crise de l'élevage, il y a des éleveurs de viande bovine qui n'ont plus de revenus et on nous dit qu'il faut signer le TAFTA. On va mettre à mal la filière viande bovine, puisque le traité provoquerait 40% de revenus en moins pour des gens qui ne se dégagent déjà plus de revenu. C'est la fin du modèle de développement agricole européen", craint Laurent Pinatel.

Alain Lamassoure reconnaît la "nécessité d'être intransigeant en matière agricole". "Mais arrêtons de dire que c'est opaque", nuance l'eurodéputé. Invité d'Olivier Mazerolle plus tôt dans la matinée, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a reconnu que ce traité restait mystérieux. "On ne dit pas tout dans les tactiques de négociation", justifie alors Alain Lamassoure, qui promet des négociations fermes. "Si nous ne les faisons pas, je serai le premier à voter contre, le moment venu, au Parlement européen", assure-t-il. 

Internationaliser les normes pour contrer la Chine

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L'un des principaux objectifs du TAFTA serait l'ouverture d'un immense marché, qui permettrait l'augmentation de certains salaires, en France, de 1,5 à 2%, selon les économistes. Mais pour Laurent Pinatel, l'espace économique européen est "extrêmement violent", pour les populations agricoles en particulier. "L'Europe est capable de créer de la richesse, mais totalement incapable de la répartir correctement". "Le TAFTA ne va pas profiter aux paysans européens, ni aux paysans américains, mais aux grandes multinationales, à tous les fabricants d'hormones, tous les gens qui génèrent des fermes-usines chez nous ou là-bas. C'est un traité qui va bénéficier à ceux qui ont déjà beaucoup trop", dénonce-t-il.

Les deux débatteurs s'accordent toutefois à dire que le traité ne peut être signé en l'état. "Nous n'avons malheureusement pas suffisamment avancé la négociation", reconnaît Alain Lamassoure. L'agriculture se trouve en 3e ou 4e position et ne fait donc pas partie des priorités. Mais l'eurodéputé y voit d'autres avantages. "Le grand enjeu est la fixation des normes sur les nouvelles technologies sur les 20 ans à venir". Dans les deux prochaines décennies, "la compétitivité et l'emploi dépendront de la capacité à fixer des normes", avance Alain Lamassoure. "Si les États-Unis et les Européens se mettent d'accord sur les mêmes normes sur l'automobile, l'aéronautique et l'économie numérique, alors ces normes deviendront mondiales et s'imposeront à la Chine. Sinon, la super-compétitivité chinoise demeurera pour 20 ans encore", argue l'eurodéputé.

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