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Tirs dans un Thalys : les héros américains dans le bon wagon grâce à un Wifi défaillant

Les trois hommes ayant participé à la neutralisation d'Ayoub El Khazzani n'étaient pas présents dans la fameuse voiture 12 au début du trajet.

Les trois Américains qui ont neutralisé le tireur du Thalys
Les trois Américains qui ont neutralisé le tireur du Thalys
Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Les Américains qui ont participé à la neutralisation d'Ayoub El Khazzani dans le train Thalys vendredi 21 août n'auraient jamais dû être dans la voiture 12. Bien installés dans un autre wagon, c'est pour obtenir un meilleur signal Wifi qu'ils ont finalement migré vers ce wagon 12 où Ayoub El Khazzani a tenté de réaliser son attaque. "Nous avions des billets de première classe pour la voiture où s'est déroulé l'incident mais nous étions installés ailleurs initialement car nous n'arrivions pas à trouver ce wagon, a expliqué l'Américain Anthony Sadler lors d'une conférence de presse. On a fini par changer de wagon parce que le Wifi n'était pas vraiment bon dans ce wagon, et puis, nous avions des billets de première donc on s'est dit autant aller en première. Nous avons donc décidé de rejoindre cette voiture après environ une demi-heure de trajet".

Sieste et arme enrayée

Sur le papier, l'attaque envisagée par Ayoub El Khazzani ne pouvait qu'engendrer une tragédie de grande ampleur. Pourtant, une succession de petits éléments a empêché le massacre. Tout d'abord, Ayoub El Khazzani a été repéré et taclé une première fois par un Français qui avait reconnu le bruit métallique du chargement d'une arme. L'arme du terroriste semble ensuite avoir connu des dysfonctionnements. "Je pense que son arme s’est enrayée... On a tous eu énormément de chance", a résumé le Britannique Chris Norman qui a aidé les Américains à ceinturer Ayoub El Khazzani.

Le plus probable est qu’il n’a pas correctement engagé le chargeur dans la culasse de sa Kalachnikov, estimait Jean Gillet, un instructeur de tir spécialiste des armes de guerre. "Il était sans doute stressé, ou il s’était drogué pour supporter le stress", confiait-il à l’AFP. "Ça l’a mis dans un état second, donc une vigilance amoindrie, qui a fait qu’il a sans doute mal engagé le chargeur. "Dans ce cas le chargeur n’est pas verrouillé : quand il tire il percute une chambre vide, le coup ne part pas (...) C’est sans doute un manque de formation. Quand on forme un soldat, les répétitions de manipulations servent à leur inculquer des automatismes. On leur apprend à contrôler le verrouillage", ajoute-t-il.

Autre détail qui participe de cette idée que la chance a véritablement été au rendez-vous ce vendredi, l'un des Américains était profondément endormi au moment de l'attaque. C'est en entendant le tireur se débattre avec le Franco-Américain qui a été blessé et hospitalisé, qu'il s'est soudainement réveillé. "Allons-y, vas-y Spencer, vas-y !", lui aurait alors lancé son ami.

Le facteur chance déterminant

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"Nous avons clairement eu de la chance", résumait Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE). "Le gars qui se tire dans le pied ou qui ne sait pas se servir de sa kalach', c’est pas tous les jours. Bientôt, il y en aura un qui n’oubliera pas le cran de sécurité. Et là on aura un problème. Un gros", expliquait-il dans les colonnes de Libération. L'amateurisme du terroriste associé au courage des passagers, dont trois Américains présents sur les lieux par simple volonté de vouloir surfer avec plus d'aisance sur internet, semblent être les ingrédients de ce miracle.

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