3 min de lecture Société

Sports d'hiver : 80 stations de ski menacées de fermeture d'ici trente ans

Pourra-t-on toujours skier dans trente ans ? Comment assurer une bonne neige dans un monde qui se réchauffe inexorablement ? Les stations y réfléchissent déjà.

Rémi Sulmont RTL vous en parle déjà Rémi Sulmont
>
Rémi Sulmont : la moitié des pistes de ski françaises auront leur canon à neige en 2020 Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTLnet | Date :
La page de l'émission
Rémi Sulmont
Rémi Sulmont et Loïc Farge

La saison dernière, plusieurs stations de ski françaises (sans vraiment le dire) avaient fait appel à des hélicoptères pour mettre de la neige sur les pistes un peu trop vertes. Cette année, à La Clusaz, on a utilisé des camions pour enneiger la piste de ski de fond de la coupe du monde organisée le dimanche 18 décembre. Mais le sol était trop chaud. On est allé chercher de la glace à la surface d’un lac de montagne, nous racontait Serge Puyo, le correspondant de RTL à Grenoble.

On tente à peu près tout pour préserver l’or blanc qui fait tourner l’industrie des sports d’hiver (10 milliards d'euros par an). Des stations conservent maintenant la neige à l’ombre, l’été, sous de la sciure ou des bâches réfléchissantes. Le plus efficace, mais quand il fait suffisamment froid, ça reste le "canon à neige". Ou "l’enneigeur" : les professionnels n’aiment pas le terme de "canon" qui fait guerrier.

Pourtant la "course à l’armement" que dénoncent les écologistes, continue. "C’est vital pour faire face à la concurrence de l’Autriche", explique Jean-Marc Silva, de France Montagnes, qui défend le secteur. Aujourd'hui, un tiers des pistes de ski sont "armés" de ces canons. D'ici 2020, on devrait atteindre la moitié des pistes de ski équipées.

L'obligation de se diversifier

Cela à un coût de plus en plus important. Aujourd'hui, environ 10 à 15% du forfait d’un skieur paie la production de neige artificielle. Mais avec la baisse d’enneigement (-50% à 1.500 mètres d’altitude dans les Alpes et la hausse d’un degré en cinquante ans dans les Alpes), "les enneigeurs ne sauveront pas les sports d’hiver indéfiniment", prévient Emmanuelle George-Marcelpoil, économiste de la montagne à l'Irstea de Grenoble. "Aujourd'hui, même si les stations investissent, il y a ensuite le fonctionnement de ces installations en neige de culture. Dans les années à venir, la problématique économique de cette production de neige de culture sera un élément important dans la réflexion sur le devenir des stations", dit-elle.

À lire aussi
Ticket d'Euromillions (photo d'illustration) française des jeux
Euromillions : les résultats du tirage du mardi 12 novembre

Autrement dit, toutes les stations ne pourront pas supporter le coût de telles installations pour fabriquer de la neige artificielle. Les économistes estiment que sur les 300 domaines skiables de France, environ 80 stations seront menacées de fermeture d’ici trente ans. En 2050, il y a aura de plus en plus régulièrement des hivers avec un enneigement insuffisant.

Seules les grandes ou les stations de taille moyenne seront capables d’absorber trois ou quatre mauvaises saisons. Certaines stations ont déjà fermé pour manque de neige et démonté leurs remontées mécaniques. D'autres ont commencé une diversification ingénieuse pour rentabiliser les installations l’été pour le parapente ou le vélo.

Une question politique aussi

La question, en fait, est presque de savoir si, dans trente ans, il ne va pas devenir aberrant de faire du ski. Si on se place du point de vue de l’environnement. "Installer une industrie à la montagne était et sera de plus en plus une aberration", dit le nivologue, spécialiste de la neige, Pierre Spandre. Mais on parle aussi de développement des territoires et de 150.000 emplois. La question est donc politique. Les élus de montagne, les préfets et les habitants seront amenés à trancher dans les années qui viennent.

À Tignes, où la fonte du glacier réduit le domaine skiable, le maire veut construire une piste de ski couverte. Un ski-dôme de 400 mètres de long. Du "ski en boîte", dénoncent les détracteurs. Le projet fait est loin d’être financé. Mais il a le mérite de poser une question : comment doit-on s’y prendre pour réinventer le tourisme de montagne dans les années à venir ?

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Société Ski Neige
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants