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Santé : premiers progrès contre le cancer avancé de la prostate depuis 70 ans

Un nouveau traitement permettrait de prolonger la vie d'hommes atteints d'un cancer avancé de la prostate, selon une étude américaine.

Un chirurgien au Centre hospitalier universitaire d'Angers en octobre 2013 (photo d'illustration).
Un chirurgien au Centre hospitalier universitaire d'Angers en octobre 2013 (photo d'illustration). Crédit : JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Une nouvelle stratégie de traitement permet de nettement prolonger la vie d'hommes atteints d'un cancer invasif de la prostate qui marque la première avancée contre cette maladie depuis 70 ans et ouvre la voie à un changement de la pratique médicale, selon des travaux présentés ce dimanche.

Cette étude qui a été menée avec 790 hommes qui venaient d'être diagnostiqués d'un cancermétastasé de cette glande, démontre que le recours à de la chimiothérapie combinée au traitement hormonal standard prolonge la vie de ces malades d'environ un an.

"Le nouveau traitement de choix"

"La thérapie hormonale est le traitement de choix du cancer de la prostate depuis les années 50", relève le Dr Christopher Sweeney, un cancérologue à l'Institut du Cancer Dana-Farber à Boston, qui a mené cet essai clinique présenté à la conférence annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) réunie ce week-end à Chicago.

Selon lui, "il s'agit de la première étude visant à identifier une stratégie qui prolonge la vie des personnes venant d'être diagnostiquées d'un cancer métastatique avancé de la prostate". "Les résultats sont importants et cette thérapie combinée devrait être le nouveau traitement de choix pour les hommes dont le cancer s'est déjà bien propagé", a fait valoir ce cancérologue.

Le premier cancer pour les hommes aux Etats-Unis

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Le cancer de la prostate est stimulé par des hormones mâles ou androgènes dans le sang et le traitement hormonal vise à en réduire la quantité. Bien que cette thérapie soit efficace, le cancer finit par y devenir résistant chez la plupart des malades.

Environ 30.000 hommes meurent chaque année aux Etats-Unis d'un cancer de la prostate et 241.000 nouveaux cas sont diagnostiqués annuellement, ce qui en fait le premier cancer pour les hommes devant celui du poumon, selon l'American Cancer Society.

"Un gain global de survie"

La chimiothérapie est le plus souvent initiée après que la maladie progresse malgré le traitement hormonal. Dans l'étude, la moitié des participants a eu seulement une hormonothérapie et l'autre partie a en plus reçu du Docétaxel, un agent chimique déjà ancien qui empêche la multiplication des cellules cancéreuses.

L'étude américaine est clairement une avancée

Le professeur Karim Fizazi
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Après un suivi de 29 mois, 136 décès ont été enregistrés dans le groupe traité seulement avec la thérapie hormonale et 101 parmi les malades soignés avec en plus une chimiothérapie. Pour toute la durée de l'étude, la durée médiane de survie a été de 44 mois dans le groupe avec le traitement hormonal seul, contre 57,6 mois chez ceux ayant aussi pris du Docétaxel.

La durée médiane d'apparition de signes d'une progression du cancer a été de 19,8 mois dans le groupe d'hormonothérapie seule et de 32,7 mois chez ceux ayant aussi eu de la chimiothérapie. "L'étude américaine est clairement une avancée car c'est la première fois que des patients avec un cancer de la prostate métastatique ont un gain global de survie", souligne le professeur Karim Fizazi, chef du département d'oncologie de l'hôpital Gustave Roussy à Paris qui n'a pas participé à cet essai clinique.

"C'est la première percée en 70 ans contre ce cancer"

"C'est la première percée en 70 ans contre ce cancer, la précédente remonte aux années 40 avec la découverte de l'hormonothérapie", a-t-il expliqué à l'AFP en marge de la conférence de l'ASCO où il a présenté une étude française similaire sur le cancer de la prostate mais avec des patients ayant une tumeur localisée sans métastase.

L'essai clinique américain "pourrait changer la pratique médicale tout au moins pour les malades atteint des formes les plus métastatiques de cancer de la prostate", juge ce cancérologue. Concernant ceux avec peu de métastases ou ayant une tumeur localisée, il faudra attendre plus de résultats des études en cours, estime-t-il.

Il a cité un essai clinique français avec des malades dont les cancers avaient peu de métastases, et dont des résultats préliminaires, publiés en 2013, ont montré un bénéfice de survie sans progression du cancer mais sans gain démontré de survie globale dans le groupe traité avec de la chimiothérapie en plus du traitement hormonal.

Si les futurs résultats plus complets de ces deux études françaises et d'autres en cours en Europe confirment la recherche américaine, la chimiothérapie combinée à l'hormonothérapie deviendra alors le traitement de choix de tous les cancers de la prostate venant d'être diagnostiqués, selon lui.

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