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Retour des enfants de jihadistes : "Ce sont des victimes", dit un avocat

INVITÉ RTL - De plus en plus d'enfants de jihadistes reviennent sur le territoire français. Pour maître Gabriel Versini, avocat à Lyon, beaucoup d'entre eux sont en détresse psychologique, éducative voire affective.

Irak : des djihadistes de l'Etat Islamique (illustration).
Irak : des djihadistes de l'Etat Islamique (illustration).
Crédit : AFP PHOTO / HO / WELAYAT SALAHUDDIN
Retour des enfants de djihadistes : "Ce sont des victimes", dit un avocat
05:11
Philippe Robuchon & Bénédicte Tassart

Comment accueillir les enfants de jihadistes sur le sol français ? C'est la question qui se pose avec le retour d'Irak de trois enfants, âgés de trois à huit ans, alors que leur mère est restée sur place avec son dernier né. La France estime que 400 mineurs français sont toujours en Irak ou en Syrie, certains étant nés là-bas, d'autres ayant suivis leurs parents. 

Maître Gabriel Versini est avocat à Lyon est en charge du cas de deux familles, dont les enfants sont revenus de Syrie. Pour lui, chaque cas est particulier et le sort des enfants dépend beaucoup de leur âge et de leur attache en France. "On a affaire à des enfants qui sont complètement désorientés, déstructurés, explique-t-il au micro de RTL. Nous ne devons pas avoir des enfants rentrant de Syrie en déshérence psychologique, éducative et caritative".

Maître Versini a fait face à une absence d'aide de l'état lors du retour des filles de son client : "Il n'y avait pas de structure pour aider ce père à prendre acte du retour de ses filles sur le sol français. Il a dû, dans un premier temps, se débrouiller tout seul". Aujourd'hui, le père de famille a réussi à apporter de la stabilité à ses deux filles.

On ne peut pas imaginer priver ces petites filles de l'amour de leur mère

Maître Gabriel Versini

Les enfants de djihadistes n'ont pas tous le même traitement lorsqu'ils arrivent en France. Si un des parents est resté sur le sol français, et qu'il a obtenu l'autorité parentale exclusive, alors les enfants viennent vivre chez lui. Si aucun des deux parents n'est sur le territoire ou si aucun proche ne s'est manifesté, alors les enfants sont prise en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance. 

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Au-delà de la question du logement, c'est celle de l'accompagnement psychologique qui se pose puisque les enfants sont souvent traumatisés par leurs années sous le joug de Daesh. Ce fut le cas pour un des deux clients de maître Versini, dont les deux filles sont revenues en France "traumatisées, terrassées, tétanisées"

Pour l'avocat, se pose aussi la question du lien avec l'autre parent, qu'il soit en Syrie ou incarcéré en France. "Il faut savoir si on autorise ces petites filles à aller voir leur mère ou non en prison, a-t-il expliqué. Une mère reste une mère, on ne peut pas imaginer priver ces petites filles de l'amour de leur mère. Les enfants n'ont rien décidé, ce sont des victimes".

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