1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. REPORTAGE - À bord du porte-avions Charles de Gaulle, au cœur de la guerre de demain
3 min de lecture

REPORTAGE - À bord du porte-avions Charles de Gaulle, au cœur de la guerre de demain

Du 18 novembre au 3 décembre, la marine française effectue la mission Polaris qui vise à préparer les forces françaises aux enjeux des combats à venir, notamment la cyberguerre.

Le porte-avions français Charles de Gaulle, à Toulon (illustration)
Le porte-avions français Charles de Gaulle, à Toulon (illustration)
Crédit : AFP
Armée : le porte-avions Charles de Gaulle déjà au cœur de la guerre de demain
04:48
Armée : le porte-avions Charles de Gaulle déjà au cœur de la guerre de demain
04:48
Gautier Delhon-Bugard - édité par Quentin Marchal

Après plusieurs mois d'arrêt technique, le porte-avions Charles de Gaulle, fleuron de l'armée française, participe en ce moment même en mer Méditerranée à l'un des exercices navals les plus importants de l'histoire de la marine française, avec la mission Polaris.

L'objectif de Polaris est de préparer la guerre de demain, en mer, sur terre, dans l'air mais aussi dans le cyberespace. Au total, 6.000 militaires, 25 navires et 5 pays alliés sont mobilisés pour ces entraînements. 

Les pilotes montent dans leurs rafales et se placent sur le pont d'envol. Des opérateurs, des "chiens jaunes", guident les avions au-dessus de la catapulte à vapeur. Grâce à ce dispositif, le Rafale atteint 250 km/h en seulement quelques secondes, avant de décoller. "Je pense qu'on s'y habitue jamais", sourit un militaire.

Un Hawkeye tourne déjà depuis plusieurs minutes dans le ciel. Cet avion avec de grandes hélices et une immense parabole permet de repérer les ennemis à plus de 500 km. Une vieille machine modernisé au fil du temps, comme l'explique le capitaine de corvette Hassan : " C'est en effet un vieil avion, néanmoins, nous avons des avancées technologiques, des évolutions et des remises à niveau qui nous permettent de rester à la pointe".

À lire aussi

Face aux nouvelles menaces, l'armée veut encore évoluer et la France a acheté trois Hawkeye nouvelle génération aux Américains qui les livreront en 2028.

Au cœur du central opération

Pour faire face à ces nouvelles menaces,  comme les attaques de drones, de petites embarcations et de bateaux kamikazes, la modernisation des radars est donc essentielle. Il faut aussi pouvoir contrer des missiles ultra modernes. Le groupe aéronaval a donc renforcé son interconnexion. 

Le porte-avions et ses escortes, c'est à dire des navires mais aussi un sous-marin nucléaire sont désormais capables de mieux travailler ensemble et forment comme une sorte de bulle de protection autour de la flotte. Pour le comprendre, il suffit de se rendre dans le central opération, un lieu ultra-sécurisé à l'accès limité pour les journalistes.

"C'est ultra sécurisé, on y manipule des informations qui ne sont pas diffusables vers l'extérieur et de niveau confidentiel, voir secrètes. C'est ici qu'on est capable de comprendre ce qu'il se passe autour de nous et d'anticiper sur d'éventuelles menaces sous la mer, à la surface et dans les airs. Tout le monde ici pose son téléphone pour éviter que des informations soient captées", 

Les marins y ont les yeux rivés sur une multitude d'écrans. Au milieu de la salle, le chef de corps donne les consignes et de nouveaux moyens technologiques facilitent le travail des militaires et du lieutenant de vaisseau Pierre : "Notre table tactile, l'équivalent pour nous d'un Ipad géant, permet d'avoir une situation fusionnée de ce qu'il se passe sur le théâtre d'opérations".

L'armée française face au défi de la cyberguerre

Ces moyens n'ont cependant pas empêché le porte-avions de heurter un petit voilier il y a deux semaines au large de Toulon. Le skipper n'a pas été blessé, seul le mat de son embarcation a été détruit. 

À travers la mission Polaris, l'Armée française se prépare aussi à la cyberguerre, l'utilisation d'ordinateurs, d'internet, de satellites pour mener une guerre dans le cyberespace. Le réseau global devient un lieu de confrontation majeur entre les grandes Nations. À bord du porte-avions, il y a donc des militaires d'un nouveau genre, des officiers cyber, des geeks capables de protéger un réseau ou d'en hacker un autre. 

Le Contre-amiral Christophe Cluzel commande le groupe aéronaval dans le cadre de la mission Polaris et souligne l'importance de cette problématique : "La guerre de haute intensité aujourd'hui, ce sont les missiles, les torpilles et les obus qui fondent sur leurs objectifs mais c'est aussi l'attaque cyber, l'attaque informationnel, le brouillage dans le champ électro-magnétique de nos radars, radios et GPS".

Les officiers cyber sont donc capables d'intercepter les communications, de modifier les ordres donnés et tout cela peut avoir de lourdes conséquences sur l'issue d'un conflit. L'Armée française fait donc de la cyberdéfense l'une de ses priorités, 1,6 milliards d'euros de budget et plus de 2000 cyber combattants recrutés d'ici 2025.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/