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Ramadan 2016 : une fête religieuse et sociale pour les musulmans de France

Le mois de jeûne, qui démarre en début de semaine prochaine, est pratiqué par les trois-quarts des personnes qui se déclarent musulmans.

Rémi Sulmont RTL vous en parle déjà
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Ramadan 2016 : une fête religieuse et sociale pour les musulmans de France Crédit Image : SIPA | Crédit Média : Rémi Sulmont | Durée : | Date : La page de l'émission

Le Ramadan débutera le lundi 6 juin ou le mardi 7 juin au lever du soleil. Cela va se décider dimanche soir pendant ce qu'on appelle la "Nuit du doute", où les musulmans vont scruter le ciel. Si entre deux nuages le croissant de lune est visible (c’est ce que prévoit la météo), le Ramadan débutera lundi matin à l’aube. Si, en revanche, la commission théologique du Conseil français du culte musulman - l’instance de référence des musulmans de France - ne voit pas de croissant de lune, alors le mois de jeûne, commencera mardi et se terminera un mois plus tard, début juillet.

Le Ramadan, c’est le neuvième mois de l’année musulmane qui suit le calendrier lunaire et non solaire. C’est pour cela que le Ramadan avance chaque année d'une dizaine de jours dans le calendrier grégorien. Cette année, le Ramadan sera donc particulièrement éprouvant parce que les jours d'abstinence -  ni eau, ni nourriture - seront plus longs et que c’est la période du Bac et des examens.

Le Ramadan, quatrième des cinq piliers de l’Islam, est évidement une fête religieuse. Mais c’est aussi un rite social et un business : les marques de grande distribution (Carrefour, Auchan, etc.) ont envoyé, ces derniers jours, leur prospectus spécial "saveurs du Ramadan". 

Un moment "fédérateur"

On dit qu'il y a environ 5 millions de personnes "d’héritage musulman" en France. Les trois-quarts des personnes qui se déclarent musulmans vont jeûner pendant le mois qui vient, alors qu’ils ne sont que quatre sur dix à se déclarer "pratiquants". Le respect du jeûne est en nette augmentation depuis les années 90. On est passé de 60% à 71% en vingt-cinq ans, selon l’Ifop.

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Le plus frappant, ce sont les plus jeunes. Un quart des 18-24 ans déclarent prier, mais les trois-quarts font le jeûne du Ramadan. Parce que c’est un moment de "fédérateur", souligne la sociologue de l'Islam Leyla Arslan. "Parfois pour les plus jeunes il peut y avoir un côté défi : va-t-on être capable ou pas ? Le faire c'est aussi entrer dans l'âge adulte", explique-t-elle.

Le Ramadan a une dimension collective et festive que l'on n'a pas forcément dans la prière

Leyla Arslan, sociologue de l'Islam
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"Le Ramadan a souvent cette dimension collective et festive que l'on n'a pas forcément dans la prière. Pour ces jeunes, qui sont principalement des descendants de migrants, le fait de ne pas manger de porc est aussi une façon de continuer à maintenir une espèce de fidélité aux origines. Mais c'est vraiment les actes minimum qui leur font dire qu'ils sont musulmans", dit-elle encore.

Le Ramadan est aussi un "acte collectif", un moment de fête chaque soir lors de l’iftar (la rupture du jeune) où les générations échangent, où l’on oublie les brouilles familiales. C’est aussi le temps des sucreries au miel, qui permettent de tenir la journée de travail du lendemain.

Des aménagements en entreprise

Comment les entreprises se sont-elles adaptées aux salariés qui font le Ramadan ? Il y a des aménagements, mais la plupart du temps informels. Dans certaines rares sociétés, comme Peugeot, Adecco ou Casino, des accords d’entreprises pour lutter contre les discriminations ont rappelé les droits et le devoir des cadres et des salariés en matière d’expression religieuse.

"Le Ramadan ne pose pas de problème en entreprise. La seule question qu’on pourrait se poser, c’est celle de la sécurité", explique Michel Miné, professeur de droit du travail. Un chauffeur de bus qui fait le jeûne, par exemple : comment vérifier si sa fatigue peut le rendre dangereux pour lui-même ou pour ses usagers ? Dans un récent rapport, des juristes posaient cette question, hypothétique. Car, dit le professeur Michel Miné, "on ne connait aucun litige lié au Ramadan qui soit arrivé devant un tribunal français".

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