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Quand les personnalités politiques abusent de leur service de protection

Le service de protection des personnalités politiques est parfois appelé à subir des comportements particuliers ou agir dans des domaines non imaginés, révèle une enquête du "Parisien" et du "Point".

Édouard Balladur à Paris, le 17 janvier 2014.
Édouard Balladur à Paris, le 17 janvier 2014. Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Martin Planques
Martin Planques

Le service qui assure la sécurité des personnalités politiques fait l'objet de nombreux écarts. Selon des révélations du Point et Parisien, les dérives sont nombreuses. Les services de la protection (SDLP) sont parfois utilisés pour des tâches incongrues.


Édouard Balladur, premier ministre de 1993 à 1995 est par exemple un cas qui interpelle. "Un ex-officier de sécurité a quitté son poste car il ne supportait pas qu'Édouard Balladur lui demande de cirer ses chaussures et de sortir son chien", a confié un policier au Parisien

L'entourage d'Édouard Balladur a répondu en parlant d'"affabulation stupide". "Il a conservé longtemps ses officiers de sécurité et c'est bien la preuve qu'il ne leur demande pas n'importe quoi et rien de dégradant", a témoigné un de ses proches, François-David Cravenne. 

Un service de protection usé

En tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a eu droit à un service de sécurité. Problème : il aurait étendu le champ d'action de ce service à ses enfants selon Le Point. Alors que seule la personnalité ne peut disposer de sécurité rapprochée. L'un de ses officiers convoie régulièrement ses enfants de Paris à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). En octobre l'ordre de stopper ce convoyage a obligé Brice Hortefeux à se défendre : "En fait, il s'agit d'une confusion. Mes enfants disposent d'une protection très ponctuelle. Lorsque j'ai bien précisé que cette protection n'était pas permanente, tout est rentré dans l'ordre." Le ministère lui a demandé de faire autrement sous peine d'être accusé de prise illégale d'intérêts.

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Dounia Bouzar, spécialiste de la déradicalisation, a entretenu des relations tendues avec certaines équipes de protection : elle aurait exigé des travaux de secrétariat selon Le Parisien. D'après le quotidien, elle aurait aussi physiquement mis un policier du SLPD hors de son domicile. Un rapport a été rédigé pour dénoncer cette attitude. Pour sa défense, Dounia Bouzar a rendu hommage aux forces de l'ordre et assure que "les relations se sont envenimées depuis que je travaille avec Farid Benyettou". Cet islamiste radical repenti a endoctriné les frères Kouachi, responsables des attentats de Charlie Hebdo qui avait fait 12 victimes dont notamment un membre du SDLP.

Un texte pour une nouvelle réglementation

Le SDLP milite pour une nouvelle réglementation plus contraignante, avec notamment un nouveau texte, comme le rapporte toujours Le Parisien. Ce texte est toujours attendu depuis une annonce du gouvernement lors de la loi sur la moralisation de la vie publique. 

Les principaux points sont la limitation de la protection des anciens premiers ministres et ministres de l'Intérieur à cinq ans, sous réserve qu'ils aient exercé leurs fonctions pendant au moins six mois. La protection des anciens chefs de l'État serait, elle, préservée. La protection des personnalités coûte 71.879 € par an et par fonctionnaire selon un rapport de la Cour des comptes. 

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