3 min de lecture Fin de vie

Procès Bonnemaison : aux soins palliatifs, la vie jusqu'au bout

REPLAY / REPORTAGE - Le procès en appel du docteur Nicolas Bonnemaison s'est rouvert lundi 12 octobre. L'ancien urgentiste est jugé pour "l'empoisonnement" de sept patients en fin de vie.

Calvi-245x300 RTL Matin Yves Calvi iTunes RSS
>
Procès Bonnemaison : aux soins palliatifs, la vie jusqu'au bout Crédit Image : AFP / PIERRE ANDRIEU | Crédit Média : Cindy Hubert | Durée : | Date : La page de l'émission
Cindy Hubert Journaliste RTL

Dans les services de soins palliatifs, comment travaillent les soignants au contact de la fin de vie ? Pour comprendre le comprendre, l’hôpital Paul Brousse à Villejuif a ouvert ses portes à RTL, où tous les jours, on accompagne les gens jusqu'à la mort.
Ici, on n'est plus là pour guérir, il y a dix lits et un décès par jour. Tous les médecins sont là par vocation. Marion et Yohan, les deux infirmiers inséparables, sont au chevet des vivants jusqu’au bout : "Parfois, c'est remanger un peu car ça fait très longtemps qu'ils sont alimentés par sonde. Parfois, ça peut être revoir les rayons du soleil, revoir un animal de compagnie, revoir un proche". L’unité a même accompagné des concerts dans le service, des demandes en mariage "in extremis, avec un officier d’état civil qui vient dans la chambre du patient", racontent les infirmiers.

La mort en pente douce

Tous ici travaillent en équipe pour soulager les souffrances et améliorer la qualité de vie de ces derniers instants. Un psychomotricien est en train de masser Françoise avec des huiles essentielles quand deux jours plus tôt, personne ne pouvait l'effleurer... broyée par les douleurs de son cancer. "C'est comme une épée de Damoclès. On rééquilibre l'ordre de ses priorités, on essaie de profiter au maximum des petits plaisirs dans une journée et on est vraiment attentif au moment présent", murmure-t-elle. Aujourd’hui pour Françoise, c’est mettre un peu de fard à paupière bleu sur les yeux et chantonner sur un air qui tourne sur le petit poste posé à côté de son lit.

Soulager les souffrances

Mais alors, accompagnement jusqu'à la mort ou euthanasie ? Pour ces professionnels, la différence réside dans la loi Leonetti : les soignants doivent apaiser l'agonie, en aucun cas l'accélérer. Et pourtant, la mort est parfois loin des images de cinéma. La phase agonique peut-être très impressionnante, sans que cela signifie forcément que le patient souffre. Dans ces moments, le travail des médecins est alors essentiel. Il faut décider ensemble, de manière collégiale, et surtout informer les familles car "ce sont elles qui vont survivre", des étapes que n’a pas respectées le docteur Bonnemaison, jugé pour "l’empoisonnement" de sept patients en fin de vie à Bayonne.

C'est un outil d'exception et absolument pas un outil pour accélérer la mort

Dr Mercier, chef du service des soins palliatifs
Partager la citation

Au cœur du procès : un puissant sédatif, "l’Hypnovel", un produit bien connu et utilisé avec parcimonie notamment dans les services de soins palliatifs. Les injections doivent être "titrées", c’est-à-dire administrées milligramme par milligramme : elles sont un outil - non pas une solution - quand plus rien ne permet de soulager les souffrances des patients. "On est vraiment dans un objectif qui est de provoquer le soulagement escompté. C'est un outil d'exception et absolument pas un outil pour accélérer la mort, ce n'est pas l'objectif d'une sédation bien conduite", résume le chef du service de l'hôpital Paul Brousse, le docteur Mercier. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Fin de vie Euthanasie Dr Bonnemaison
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants