3 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : un dernier coup d’œil vers 2002 avant le second tour

La qualification de Marine Le Pen en 2017 ne cesse d'être mise en relation avec la qualification de son père en 2002.

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Présidentielle 2017 : un dernier coup d'œil vers 2002 avant le second tour Crédit Média : RTLnet | Date :
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Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'était il y a exactement 15 ans, le 5 mai 2002, Jacques Chirac était réélu président de la République avec 82.21% des voix. C'est M le magazine du Monde qui choisit ce matin d'y revenir par le prisme du clan Chirac qui raconte la sidération et la gravité de cet entre-deux-tours de 2002.

Que peut-on encore apprendre de ce 21 avril qui n'ait été dit ? Que le buffet dressé à l'Élysée est parti à la poubelle ? Que les tracts et les affiches prévus pour affronter la gauche sont partis à la broyeuse le soir même ? Ou alors, les tout premiers mots de Jacques Chirac quand il découvre à 18h52 que Le Pen est au second tour : "La France ne peut pas faire ça, elle ne peut pas être comme ça". Ce fut une campagne impossible se souviennent ses proches, une campagne impossible jusqu'au soir du 5 mai. Sous une pluie fine et collante, une estrade a été montée à la va-vite place de la République. Étrangement, elle tourne le dos à la statue de Marianne.

Le 6 mai 2002, Libération mettait en une un grand "Ouf". Ce "ouf", on le sent poindre dans la presse en ce 5 mai 2017, "ouf" la campagne s'achève ce soir à minuit. "Ouf c'est fini", écrit Laurent Bodin dans L'Alsace qui trouve "difficile de ne pas se réjouir de la fin d'une campagne éprouvante pour les candidats, mais aussi pour les Français". "C'était la pire des campagnes", se désole Nicolas Beytout dans L'Opinion.

L'émouvante lettre d'Éric Ruf

Une campagne souvent qualifiée de violente, et cette violence, on la retrouve dans les mots du réalisateur François Ruffin qui signe dans Le Monde une "lettre ouverte à un futur président déjà haï". Une lettre dans laquelle le verbe haïr et le mot haine reviennent des dizaines de fois. S'il y a une lettre à lire ce matin, c'est celle d'Éric Ruf, sur le site du Figaro, Éric Ruf est l'administrateur de la Comédie française. Il a choisi d'écrire à son père aujourd'hui décédé.

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"Mon père, écrit-il, était un homme intelligent et lettré". Il vantait à sa descendance la lecture nécessaire des classiques, l'éduquait à la musique. Il était de ces gens qu'on qualifie d'élite. "Mon père était électeur du Front national. Je ne comprenais pas ce paradoxe, mais il m'est vite apparu alors que les thèses de Jean-Marie Le Pen, loin de faire appel à l'intelligence ou aux qualités d'analyse de mon père, ne faisaient que répondre à ses peurs et à sa solitude profonde en leur donnant un moyen d'expression et une justification aisés."

"Mon père m'a malheureusement légué une grande part de ses angoisses et de son incapacité au monde. J'ai peur mais cette peur, je refuse de la remettre en des mains indélicates et intéressées. C'est à moi de la combattre et de la transformer si je puis. Ce n'est pas Marine Le Pen qui est dangereuse, c'est nous qui le sommes à nous-mêmes. Si des millions d'électeurs lui apportent leur suffrage, ce n'est pas parce que son autorité est grande, elle n'est finalement que le simple réceptacle de nos peurs et de nos colères individuelles. Alors, pour interdire qu'on élève en nous ce que nous devons refuser de voir poindre, je voterai Emmanuel Macron sans aucune hésitation."

La presse a fait son choix

"L'heure du choix", titrent ce matin Sud Ouest et La Montagne, "Aux urnes citoyens" clame La dépêche du Midi, qui affiche sur toute sa une La liberté guidant le peuple et l'édito engagé de Jean-Claude Soulery : "Le choix est simple. Il a rarement été aussi simple. Il faut voter. Il faut que nos votes creusent un écart le plus large possible entre le vainqueur et l'extrême droite vaincue." Même tonalité en une des Échos, qui affichent pour la première fois aussi clairement leur intention : "Macron - Le Pen, battre l’extrémisme".

"Stoppons-la", titre enfin L'Humanité sur une photo de Marine Le Pen. Le Figaro ne semble pas trop s'inquiéter ; "Après le naufrage de Le Pen, Macron archifavori", titre le journal qui revient ce matin encore sur le débat de mercredi. "Du Le Pen tout crashé", ironise Libération qui écrit "crash" avec un s et qui titre en une "Elle n'a pas changé" avec la photo de Jean-Marie Le Pen, comme il y a 15 ans.

Nous sommes le 5 mai, et dans La Croix, Alain Rémond choisit ce matin de s'en remettre aux saints du calendrier. Demain 6 mai, veille du scrutin, nous fêtons Sainte-Prudence, laquelle comme nous le savons tous est mère de sûreté. Lundi 8 mai, lendemain du vote, nous fêterons Saint-Désiré. De quoi méditer tranquillement sur la prudence et le désir. Reste le 7 mai, jour du vote. Ce jour-là, c'est la Sainte-Gisèle. Ne riez pas, Gisèle n'est pas n'importe quoi. Épouse du roi de Hongrie, elle eut un fils Émeric à qui elle délivra ce conseil : "Observez une conduite indulgente avec les parents et les princes, mais aussi à l'égard des étrangers et de tous ceux qui viendront à vous".

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