1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Présidentielle 2017 : de Sébastien Loeb à la politique, espoirs et défaites
4 min de lecture

Présidentielle 2017 : de Sébastien Loeb à la politique, espoirs et défaites

Alors que le pilote vient d'échouer en rallycross, qu'en sera-t-il des candidats malheureux à la présidentielle quand la ligne d'arrivée sera franchie ?

Rallycross 2016 : nouvelle discipline, nouvelle saison pour Sébastien Loeb
Rallycross 2016 : nouvelle discipline, nouvelle saison pour Sébastien Loeb
Crédit : Peugeot Sport
Présidentielle 2017 : de Sébastien Loeb à la politique, espoirs et défaites
04:56
Présidentielle 2017 : de Sébastien Loeb à la politique, espoirs et défaites
04:59
Adeline François

De lui, on a l'habitude de dire que quand il est engagé dans une course c'est qu'il va la gagner. Tout lui a souri jusqu'à aujourd'hui, ou du moins jusqu'au 2 avril. Sébastien Loeb, qui a tout raflé en rallyraid, entamait hier sa deuxième saison en rallycross, mais il a été éliminé dès les qualifications à Barcelone. Sa Peugeot est partie en tête à queue. On a d'abord cru qu'il avait été poussé par la voiture de son poursuivant, mais non. En fait, raconte L'Équipe ce matin, Sébastien Loeb a eu un sacré problème mécanique. Il manquait un écrou de cardan et la transmission s'est déboitée, ce qui a fait partir la voiture. Une erreur humaine, qui ne devrait jamais arriver, mais l'homme est faillible, disait-on le 2 avril au soir chez Peugeot.

Peut-on y voir une métaphore ? À 20 jours de la présidentielle, y a-t-il un candidat qui va partir en tête à queue ? Un écrou qui va sauter ? Une mécanique qui va s'emballer ? C'est toute la question que se pose la presse au matin du 3 avril. "21 jours pour se décider" titre les DNA, qui font donc une erreur sur le compte à rebours... mais l'homme est faillible, n'est-ce pas ?

"Pourquoi rien n'est joué", titre en une Le Figaro avec les photos de 3 des 11 candidats. Le tiercé du Figaro, c'est François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Mais ce sont surtout des électeurs dont on parle au matin du 3 avril, en particulier des abstentionnistes et des indécis qui représenteraient 40 % du corps électoral. Comment expliquer une telle masse ? "Le sens du vote a perdu en clarté", estime Jérome Jaffré, directeur du centre d'étude sur l'opinion publique, dans Le Figaro : "Beaucoup de français ne reconnaissent plus l'élection présidentielle comme le moment d'un choix décisif et clair sur l'orientation du pays, le poids des partis a diminué  avec à la clé des électorats beaucoup plus flottants."

Un électorat désillusionné

Et c'est ainsi, renchérit Didier Rose dans les DNA, que le second tour est déjà annoncé comme un scrutin pour ou contre le Front national. Dès lors, une part de l'électorat préfère décrocher et rester transparente aux sondages. Les abstentionnistes, les indécis et les transparents, donc... Dans Libération, le très médiatique numéro deux de l'institut Ipsos Brice Teinturier parle d'électeurs "prafistes", des électeurs qui oscillent entre détachement et rage, entre le plus rien à faire et le plus rien à foutre.

C'est peut-être à eux que s'adresse cette page de pub ce matin dans les journaux, signée de Serge et Beate Klarsfeld : "Le FN en 2017, jamais, non jamais !" dit cette page, qui dit aussi que "le FN est partisan de la fin de l'Union européenne, garante depuis des décennies de la paix et de la stabilité d'un continent que l'extrême-droite avait entraîné dans la guerre, la barbarie et la ruine."

Bernard Cazeneuve ne rendra pas sa place

Parmi tous les scénarios de cette présidentielle, il en est un qui ne manque pas de sel. Marianne.fr raconte ce qui pourrait être un vestige inattendu du hollandisme au pouvoir. Si Marine Le Pen devient présidente de la République le 7 mai, son Premier ministre pourrait s'appeler... Bernard Cazeneuve. Le Premier ministre aurait en en effet affirmé il y a quelques jours n'avoir "aucunement l'intention de démissionner de Matignon". Or l'hypothèse est tout à fait envisageable.

Aucun texte constitutionnel n'oblige en effet le Premier ministre à présenter sa démission en cas d'élection d'un nouveau Président. Jusqu'à présent, tous les gouvernements de la cinquième République l'ont pourtant fait. "Il s'agit simplement d'un usage, voulu par De Gaulle, mais l'article 8 de la Constitution, qui prévoit la démission du Premier ministre, ne donne aucun pouvoir au Président pour la provoquer. La preuve, c'est qu'en période de cohabitation, le chef de l’État n'a jamais pu révoquer son chef du gouvernement."

Combats différents, défaites similaires

Quel que soit le résultat du second tour, il y en 10 qui vont devoir faire avec : le 7 mai, il y aura un vainqueur pour 10 vaincus. Comment vivre avec la défaite, c'est la couverture de So Foot du mois d'avril. Le mensuel a réuni autour de la même table trois supporters qui peuvent vous dire que rien n'est jamais joué d'avance, trois supporters avec la même tête d'enterrement, trois supporters du PSG, de la Roma et d'Arsenal.

Ils ont en commun d'avoir vécu les pires humiliations avec leur club cette saison et ils racontent, comme une thérapie collective, leur pire souvenir de l'année, le jour du drame, les larmes, l'incrédulité... "Changer d'équipe rendrait ma vie plus facile", reconnait même Kevin, supporter d'arsenal, mais il ajoute que "c'est trop compliqué, mes amis je les vois les jours de match, on célèbre les victoires ensemble, on est misérables ensemble". "C'est comme l'amour", dit un supporter du PSG, je sais que j'ai trouvé la bonne, et que je ne changerai pas malgré les hauts et les bas. Un supporter romain est plus philosophe : "La vérité, dit-il, c'est que la route est bien plus exaltante et émouvante que la victoire elle-même." On n'ira pas dire cela à Sébastien Loeb, on n'ira pas non plus le dire aux militants qui ne se consoleront pas dans 20 jours d'avoir vécu une belle campagne avant la défaite...

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/