2 min de lecture Brésil

Pour une majorité de Brésiliens, une femme à la tenue provocante "mérite" d'être violée

Pour une majorité de Brésiliens, les femmes portant des tenues provocantes "méritent" d'être violées. Les résultats de ce sondage ont secoué le pays.

Carnaval de Rio de Janeiro, 4 mars 2014. Une majorité de Brésiliens juge qu'une femme portant une tenue provocante "mérite" d'être violée.
Carnaval de Rio de Janeiro, 4 mars 2014. Une majorité de Brésiliens juge qu'une femme portant une tenue provocante "mérite" d'être violée. Crédit : AFP / CHRISTOPHE SIMON
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

La publication de ce sondage a provoqué une levée de boucliers de citoyens et d'activistes au Brésil. Selon un sondage gouvernemental mené par l'Institut d'enquête économique du gouvernement (IPEA) auprès d'hommes et de femmes, une majorité de Brésiliens (65,1%) considère qu'une femme portant des vêtements provocants "mérite" d'être violée. 

Dans la même veine, 58,5% des sondés considèrent que "si les femmes se comportaient mieux, il y aurait moins de viols". Sur son compte Twitter, la présidente Dilma Rousseff a elle-même estimé que l'étude démontrait que "la société brésilienne a beaucoup de progrès à faire et a appelé "le gouvernement et la société à travailler ensemble contre la violence contre les femmes".

.Le plus surprenant est qu'il est permis de se dévêtir pendant le carnaval mais pas dans la vie réelle.

Nana Queiroz, journaliste brésilienne
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De son côté, la journaliste-militante Nana Queiroz a appelé les femmes sur Facebook à publier des photos d'elles en petite tenue en arborant le slogan "Je ne mérite pas d'être violée". A minuit (heures françaises) vendredi 28 mars, quelques 20.000 femmes ont simultanément mis leurs photos en ligne. "Le plus surprenant est qu'il est permis de se dévêtir pendant le carnaval mais pas dans la vie réelle", a protesté la journaliste. Elle soulignait ainsi le paradoxe brésilien, un pays où le culte de la sensualité et du corps se heurte au catholicisme conservateur dominant.

En août 2013, Dilma Rousseff a promulgué une loi visant à protéger les victimes de violences sexuelles. Son texte a été critiqué par l'Église catholique qui y voit un premier pas à une légalisation plus ample de l'avortement, question sensible dans ce pays comptant le plus grand nombre de catholiques au monde (123 millions). Pour l'heure, l'avortement est seulement autorisé au Brésil en cas de viol jusqu'à huit semaines de grossesse ou quand la vie de la mère est en danger.

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