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Peut-on craindre une nouvelle crise des banlieues ?

DÉBAT- Alain Duhamel et Nicolas Domenach évoquent un risque d'embrasement de certains quartiers.

Alain Duhamel et Nicolas Domenach
Alain Duhamel et Nicolas Domenach
Crédit : RTL
Peut-on craindre une nouvelle crise des banlieues ?
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Peut-on craindre une nouvelle crise des banlieues ?
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Nicolas Domenach & Alain Duhamel & Léa Stassinet

Les nuits de violence qui ont émaillé certaines villes de banlieue, dont Aulnay-sous-Bois, n'ont pu que raviver les souvenirs des émeutes de 2005. À l'époque, elles avaient éclaté après la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés dans un transformateur EDF en voulant échapper à un contrôle de police. Cette fois, c'est l'interpellation très violente de Théo, un jeune homme d'Aulnay-sous-Bois qui a mis le feu aux poudres. Peut-on craindre pour autant un soulèvement des banlieues, comme il y a 12 ans ?

Pour Alain Duhamel, il n'y a pas de doutes, "nous sommes dans une crise endémique des banlieues, qui s'accentue depuis 40 ans". L'éditorialiste met en cause un taux de chômage des jeunes qui atteint parfois 50% et qui n'est "pas gérable", mais aussi la question du salafisme et de la drogue. "On a beaucoup fait pour les banlieues notamment dans la rénovation immobilière, qui a coûté très cher. Et même si c'est une réussite techniquement parlant, les jeunes ne sont pas simplement faits d'appartements, mais aussi de travail, d'encadrement et de liens sociaux". 

Il y a eu des renoncements des pouvoirs les uns après les autres

Nicolas Domenach

"Des choses ont été faites, mais pas suffisamment", ajoute Nicolas Domenach, qui évoque "un risque d'embrasement très grand". "Il y a eu des renoncements de tous les pouvoirs les uns après autres : Nicolas Sarkozy promettait un plan Marshall des banlieues dont nous n'avons jamais vu la couleur, François Hollande a été absent. À la fois dans le discours républicain qu'il n'a pas tenu en disant ce qu'étaient les droits et les devoirs de ces populations reléguées, et dans les décisions concrètes, notamment pour former les forces de police ou encore sur l'effort à faire au niveau de l'éducation". 

S'il y a eu "un loupé", pour Alain Duhamel, il se situe dans le domaine de la formation professionnelle, "pour ceux qui n'ont pas un encadrement culturel familial suffisant. Il y a un pourcentage beaucoup trop élevé de jeunes qui terminent leurs études sans formation ou qui en ont une inadaptée aux débouchés qui existent". C'est ce qui expliquerait ce taux de chômage qu'il juge "insupportable". Pour l'éditorialiste, "il y a un problème social énorme, et aucune politique correspondant à l'ampleur de ce problème n'est là pour y répondre. Cela rend la situation incandescente, et les comportement deviennent caricaturaux : c'est vrai que la police se fait insulter et parfois attaquer, et c'est vrai que la police n'est pas d'une douceur exceptionnelle dans ces quartiers-là". 

Les jeunes détestent la police et la police déteste les jeunes, ce qui veut dire que la société tourne à l'envers

Alain Duhamel
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Le résultat est que "les jeunes détestent la police et la police déteste les jeunes, ce qui veut dire que la société tourne à l'envers", insiste Alain Duhamel. "La vraie question c'est : est-ce que l'on veut vraiment vivre encore ensemble ? Avec nos différences religieuses, sociales et culturelles. Le Front national dit non, et les autres réponses ne sont pas claires", explique Nicolas Domenach. "Il faut savoir quelle place voulons nous laisser à ces nouvelles générations", conclut l'éditorialiste. 

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