5 min de lecture Jeux Olympiques

Peter Norman, l'athlète qui ne leva pas le poing aux JO de Mexico

REPLAY - Aux JO de Mexico en 1968, il est le seul sur le podium à ne pas lever le poing contre la ségrégation raciale. Il n'en pense pas moins pour autant.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Peter Norman, l'athlète qui ne leva pas le poing aux JO de Mexico Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Il y a 47 ans jour pour jour, le 16 octobre 1968, une photo rentrait dans l'Histoire. Il s'agit de celle de ces deux athlètes noirs, Tommie Smith et John Carlos, respectivement médaillé d'or et de bronze aux 200 mètres des Jeux Olympiques de Mexico. Sur le podium, ils lèvent leur poing, gantés de noir, pour protester contre la ségrégation raciale. L'image a fait le tour du monde et resurgit ce vendredi 16 octobre 2015 à la faveur d'un hommage rendu par un journaliste italien dans une lettre traduite par les sites Demotivateur et Slate au troisième homme, le petit blanc qui n'a pas levé le poing.  

Peter Norman, Tommie Smith et John Carlos lors de la remise des médailles du 200 mètres aux Jeux Olympiques de Mexico, le 16 octobre 1968.
Peter Norman, Tommie Smith et John Carlos lors de la remise des médailles du 200 mètres aux Jeux Olympiques de Mexico, le 16 octobre 1968. Crédit : EPU / AFP

Arrivée deuxième de la course, il s'appelle Peter Norman et il est Australien. Depuis cette date, il est perçu comme le type qui est là par hasard. C'est en fait tout le contraire ! Il a même contribué à forger la légende en suggérant aux deux athlètes noirs de porter le fameux gant noir, symbole des Blacks Panthers, quand ils lèveront le poing vers le ciel. Lui portera seulement le badge contre la ségrégation, mais le paiera cher. 

Peter Norman sera banni de l'équipe australienne d'athlétisme pour les JO suivants. Il ne sera même pas invité pour les JO de Sydney en 2000 chez lui, pas plus qu'il ne figurera sur la célèbre statue des poings levés érigée à San Jose en Californie. N'oublions jamais Peter Norman et son activisme pour les droits des noirs aux États-Unis et dans le monde dit le journaliste. Certains ne l'ont pas fait en tous cas. À son enterrement, en 2006, deux hommes portaient son cercueil. Deux hommes noirs : Tommie Smith et John Carlos. 

Désaccords politiques

Le Parisien met en scène deux autres hommes, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, qui eux aussi avancent têtes baissées. En arrière plan deux drapeaux, l'un français l'autre italien. L'ancien chef du gouvernement italien règle ses comptes dans une biographie, My Way comme la chanson de Sinatra, sortie jeudi en France et dont la presse se fait l'écho ce vendredi matin. Il y réserve un sort particulier à l'ex-chef de l'État français jugé politicien bouillonnant doté d'un ego surdimensionné. 

Silvio Berlusconi revient entre autre sur un sommet à Bruxelles en 2011 au moment des frappes françaises contre la Libye de Kadhafi . "Malgré nos désaccords, je m'avance vers lui et je dis 'Ciao Nicolas'. Il me fixe et refuse de me serrer la main puis repousse brutalement mon bras. Je me suis dit quel crétin, quelle arrogance. En fait Nicolas Sarkozy était obsédé par l'argent et il était jaloux parce que j'étais riche et lui non. " Et Le Cavaliere se souvient d'une rencontre en 2008 juste après le mariage avec Carla Bruni "Tu vois Silvio maintenant je suis riche! comme toi!"  

Tampons VS mousse à raser

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Un autre débat masculin s'invite également dans la presse ce vendredi, qui revient sur ce qui s'est passé à l'Assemblée dans la nuit de mercredi à jeudi durant les discussions du projet de loi de finances pour 2016. Un 
amendement s'est invité dans les débats pour faire baisser la TVA sur les produits de protection hygiénique féminine. 

Porté par des députés socialistes, cet amendement réclame que la TVA sur les boites de tampons passe de 20 à 5,5%, soit le taux que l'on applique aux produits de première nécessité, raconte Le Monde. Mais les tampons vont restés plus taxés que le lait, les sodas ou les magazines puisque l'amendement a été rejeté par le gouvernement. Selon, le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert, la TVA est aussi de 20% pour les mousses à raser. La voilà l'égalité homme-femme. Précision du site Rue 89 : il y avait 74% d'hommes dans l’hémicycle mercredi soir. 

La légende du haka, un joli coup de pub

Par ailleurs, espérons que les tampons néo-zélandais ne vont pas ruiner nos espoirs. À la veille du quart de finale du mondial de rugby France-Nouvelle-Zélande La presse n'est pas aux couleurs des Bleus, elle est noire comme les All Blacks, comme pour conjurer le mauvais sort. "La fascinante magie noire" titre Le Figaro, qui rappelle que la légende veut que le maillot des néo zélandais soit noir parce qu'ils portent le deuil de leurs  adversaires.  Le Parisien entreprend lui aussi de décrypter le mythe : "tout sauf une légende". 
 
"Esprit es-tu là ?" se demande aussi L'Équipe qui consacre une double page au haka, un spectacle dans le spectacle, un instant d'émotion garanti  mais aussi dit le quotidien sportif, un instrument marketing parfois un peu gênant. Le haka n'a en effet été popularisé que très récemment, lorsque Adidas est devenu leur sponsor officiel en 1999. La marque décide alors de mettre le haka sur toutes les pubs, et d'autres marques s'y engouffreront ensuite.

Mais il n'y a pas que les Néo-Zélandais qui savent gérer le marketing. Ce vendredi, en dernière page du Figaro, l'ancien rugbyman Sébastien Chabal pose les bras croisés pour une publicité pour des écouteurs. Il y livre la recette du smoothie au kiwis :  ingrédients, 15 kiwis, temps de préparation, 80 minutes. Prenez un kiwi, écrasez-le, broyez-le, faites en de la purée, récupérer les restes éparpillés et savourez...

Cantona, un féministe au poil

Alors que cette semaine, Playboy a annoncé la fin des femmes nues sur ses couvertures, Elle met en Une Éric Cantona... à poil. Le footballeur pose nu avec sa femme Rachida Brakni qui elle est habillée d'un manteau rouge à l'occasion d'un numéro spécial sur leur couple. 

Ensemble depuis 13 ans, ils se livrent lors d'interviews croisées. "Je suis féministe" dit Cantona, "Éric, je n'ai pas fini d'en faire le tour" dit Rachida Brackni , qui arrive quand même à en faire le tour avec sa main bien posée sur la fesse droite en page intérieure.

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