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Migrants : la barre des 100.000 demandes d'asile franchie en 2017

Le nombre de demandes d'asile atteint un niveau historique en 2017 avec un peu plus de 100.000 demandes, dans un contexte où le gouvernement prépare une loi sur l'immigration qui fait déjà débat.

Des migrants de retour au Niger après avoir fuit la Libye en mars 2017 (illustration)
Des migrants de retour au Niger après avoir fuit la Libye en mars 2017 (illustration) Crédit : ISSOUF SANOGO / AFP
Paul Véronique
Paul Véronique
et AFP

Une augmentation en hausse de 17% par rapport à l'an dernier. En 2017, la France a enregistré plus de 100.000 demandes d'asile. "C'est un niveau historique", a déclaré lundi Pascal Brice, directeur général de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Il y avait moins de 20.000 demandes en 1981, année la plus ancienne pour laquelle l'Ofpra a fourni des données. Ces chiffres ne devraient pas manquer de nourrir le vif débat sur la politique migratoire.

Un projet de loi sur l'asile et l'immigration, préparé par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, doit être présenté en février en Conseil des ministres. Face aux inquiétudes des associations de défense des étrangers et aux divisions de la majorité, le Premier ministre Edouard Philippe a promis en décembre une "consultation".

Les demandes d'asile ont augmenté de 17% l'an dernier, atteignant 100.412 au total, après une progression de 6,5% en 2016. Une hausse "soutenue" même si "ce n'est pas un afflux massif", a estimé Pascal Brice. "Cela confirme que la France est dans les tout premiers pays de la demande d'asile en Europe", a-t-il ajouté, notamment derrière l'Allemagne qui s'attend à un peu moins de 200.000 dossiers cette année.

Les ressortissants d'Albanie en tête des demandeurs

Toutefois, pour avoir une vision exhaustive, il faut ajouter à ces chiffres ceux des migrants n'ayant pas encore déposé leur dossier à l'Ofpra. La première étape de la procédure se fait en effet en préfecture, qui examine si les personnes relèvent d'un autre pays européen pour leur demande (au titre du règlement "Dublin"). Dans une circulaire fin novembre, Gérard Collomb estimait qu'"aujourd'hui, près de 52% des demandeurs" relevaient de cette procédure "Dublin". Au nom de la "fermeté", le ministre de l'Intérieur a fait du transfert de ces migrants l'une de ses priorités, contrepartie d'un accueil plus "digne" des réfugiés.

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Le "taux d'accord", qui permet aux demandeurs de devenir réfugiés, a fléchi, passant de 38% en 2016 à 36% l'an dernier. Une baisse qui s'explique, selon Pascal Brice, par la situation de ressortissants comme ceux d'Albanie. L'an dernier, le premier pays d'origine des demandeurs d'asile a en effet été l'Albanie, avec 7.630 demandes (hors mineurs accompagnants), soit une hausse de 66%.

L'Albanie étant considérée comme "d'origine sûre", l'Ofpra n'a accordé sa protection qu'à 6,5% des demandeurs. Ce phénomène, "cyclique" et "lié à une émigration économique" selon Pascal Brice, préoccupe les autorités françaises et albanaises, qui ont lancé cet été un plan d'action pour lutter contre les réseaux d'immigration irrégulière.

Nombreuses demandes d'Afghanistan et d'Haïti

Deuxième pays d'origine des demandeurs, l'Afghanistan a représenté 5.987 demandes (+6%), avec un taux de protection de 83%. Mais les migrants afghans arrivés l'an dernier en France sont sans doute plus nombreux du fait du nombre élevé de "dublinés" parmi eux, notamment après un passage en Allemagne. Viennent ensuite les ressortissants d'Haïti (nombre de dossiers stable à 4.934), du fait du niveau toujours élevé de demandes en Guyane, puis les Soudanais (-24% à 4.486), et les Guinéens qui ont été 3.780 à solliciter l'asile, soit un bond de 62%.

On observe une forte progression des ressortissants de pays d'Afrique de l'Ouest et francophone, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé (3.243) parmi les demandeurs d'asile et des ressortissants de République démocratique du Congo (+15%, à 2.941). "Cela reflète le phénomène des traversées via la Libye vers l'Europe", a commenté le responsable de l'Ofpra.

Malgré un taux de protection très élevé (95%), les Syriens, souvent arrivés via des programmes de réinstallation, ont en revanche été moins nombreux à solliciter l'asile en France l'an dernier, avec une baisse de 10%, atteignant 3.249 demandes. Enfin le délai moyen d'attente "est tombé à près de trois mois", a précisé Pascal Brice. Il assure que l'Ofpra "poursuit ses efforts pour atteindre en 2018 l'objectif des deux mois" fixé par Emmanuel Macron, "dans le strict respect des droits de chaque demandeur".

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