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Les migrants ont commencé à évacuer la "Jungle" de Calais

L'évacuation des quelque 8.000 migrants qui occupent le camp devrait débuter à 8h, ce lundi 24 octobre. Ils seront dirigés vers des Centres d'accueil et d'orientation répartis sur l'ensemble du territoire.

Entre 7.000 et 10.000 réfugiés survivent dans la "Jungle" de Calais
Entre 7.000 et 10.000 réfugiés survivent dans la "Jungle" de Calais
Crédit : SIPA
"Jungle" de Calais : l'évacuation du camp a débuté
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Les migrants ont commencé à évacuer la "Jungle" de Calais
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Thomas Prouteau & Félix Roudaut & AFP

La Jungle de Calais vit ses dernières heures. L'évacuation des quelque 8.000 migrants a débuté dès les premières lueurs du jour, sous haute protection policière avec 19 compagnies de CRS mobilisées, ce lundi 24 octobre.

L'opération est revendiquée comme "humanitaire" par l'État qui se charge de transporter ces personnes, venues pour la plupart d'Afghanistan, du Soudan ou d'Érythrée avec le rêve de traverser la Manche, vers les 140 bus à destination des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis sur tout le territoire.

Dès cinq heures du matin, les premiers migrants ont commencé à sortir de leur tente et de leur cabane, emmitouflés dans des parkas ou des blousons. Ils traînent de gros sacs de voyage sur les 300 mètres qui séparent la "Jungle" de l'immense hangar qui a été transformé en gare routière.

Des milliers de départs volontaires

Beaucoup de migrants sont soulagés de partir. "Aujourd'hui, je suis prêt à aller n'importe où en France. La "Jungle", c'est terminé. Ce camp, c'était l'enfer. Ce n'était pas possible d'y vivre, il y avait trop de problèmes. N'importe où en France, ce sera bien", confie un Soudanais qui n'a aucune idée de la région dans laquelle il va être envoyée. Une chose est sûre : il veut désormais rester en France et n'a plus de rêve d'Angleterre. Il est d'ailleurs sorti lui-même de la "Jungle", car les policiers restent en retrait. Le gouvernement table ainsi sur des milliers de candidats au départ volontaire. Des maraudes ont informé et préparé les migrants depuis plusieurs jours. "Nous avons confiance que tout se passe bien", a assuré dimanche la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, en détaillant les modalités de ce transfert qui doit durer une semaine.

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Dans le grand hangar, le dispositif a été pensé pour les orienter, après un entretien, en fonction de leur situation personnelle. Hommes seuls, familles ou personnes vulnérables seront répartis entre les 12 régions françaises (hors Corse). Pour que l'opération se déroule bien, rien n'a été laissé au hasard. Tout est pensé, pesé, calculé. L'organisation est millimétrée, depuis la géolocalisation des cars pendant le trajet, la présence de gendarmes sur les aires d'autoroute, jusqu'au planning des départs, les destinations les plus éloignées étant desservies le soir, pour des trajets nocturnes. Dans la dernière partie du hangar, des lits de camp avaient été installés dès dimanche pour héberger ceux qui devraient passer la nuit sur place.

"Il faudra nous forcer pour partir"

L'épineuse question de la gestion des mineurs isolés a bénéficié d'un traitement spécifique. Ces derniers pourront rester 15 jours de plus dans les conteneurs installés sur le campement, dans l'attente de savoir s'ils peuvent gagner la Grande-Bretagne (comme près de 200 ont pu le faire depuis le début de la semaine), ou s'ils sont orientés vers des CAO-mineurs en France. Mais la volonté des autorités est claire : à terme, le campement doit disparaître, et les opérations de déblaiement commenceront dès mardi.

Malgré cette volonté affichée par l'État de fermer définitivement la Jungle, certains semblent douter de la réalité du démantèlement et bien décidés à rester. "Il faudra nous forcer pour partir", assurait dimanche Kharazi, un Afghan vivant dans les conteneurs du centre d'accueil provisoire. Certains migrants avaient affiché dimanche soir leur opposition au démantèlement, en brûlant des palettes et des matelas. Parmi eux figurent beaucoup d'Afghans, mais aussi quelques dizaines d'activistes européens qui se tiennent à leurs côtés. L'enjeu est désormais de savoir s'ils iront jusqu'à l'affrontement avec les forces de l'ordre. Les récalcitrants ont cependant été avertis : ils s'exposent à une interpellation au terme de l'évacuation et à un placement en centre de rétention administrative.

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