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Migrants à Calais : "On le paie de notre vie", dit un Érythréen blessé

REPLAY - L'accord entre les gouvernements français et anglais pourrait renforcer la sécurité à Calais face à l'afflux de migrants.

Yves Calvi 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Migrants à Calais : "On le paie de notre vie", dit un Érythréen blessé Crédit Image : AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN | Crédit Média : La rédaction de RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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La rédaction de RTL et Nicolas Burnens

1.300 policiers sont mobilisés à Calais pour gérer le flux migratoire en direction de l'Angleterre, selon le ministère de l'Intérieur. Et même si ce chiffre pourrait s’accroître avec le nouveau plan décidé par les gouvernements français et anglais dans le but de sécuriser l'entrée du tunnel, ces mesures ne découragent pas les migrants.

Ils restent tenter de passer en Angleterre avec un chemin qui est long et périlleux. À la tombée de la nuit, il faut marcher le long des voies de chemin de fer et traverser des champs avant d'être dans la zone d'Eurotunnel. Les 500 derniers mètres, à découvert, sont encore plus compliqués à franchir. Samsoun, Érythréen de 29 ans, essaie de passer. "Juste en face de nous, on voit les phares des véhicules de CRS se rapprocher. Lorsqu'ils prendront une autre route, on va courir sur ce terrain vague", décrit le migrant, capuche sur la tête et couché dans les hautes herbes. "Après, il y a trois grillages. On va les passer. Le train est juste derrière, on peut entendre son bruit jusque là", poursuit-il.

Je sais que je rejoindrai un jour l'Angleterre

Samsoun, Érythréen de 29 ans
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Pendant deux heures, il attend sans un bruit, attendant la fin de la ronde des forces de l'ordre. Puis il lève le main et court avant de se coller au premier grillage barbelé. Un grillage de plus de trois mètres qui ne semble pas le décourager, c'est la cinquième fois en deux semaines qu'il tente la traversée. "C'est plus difficile ces derniers jours que les dernières semaines. Ils peuvent t'arrêter, te contrôler, je sais que je rejoindrai un jour l'Angleterre", dit-il, plein d'espoir.

Rejoint par un groupe d'une dizaine de Soudanais, ils arrivent à arracher les barbelés avec leur bras. Repérés une centaine de mètres plus loin par les policiers, ils essaient de leur échapper mais sont interpellés. Le groupe est relâché une trentaine de minutes plus tard à l'extérieur du site d'Eurotunnel. Certains retentent la traversée dans la même nuit.

Un danger très présent

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Le danger est là. Neuf d'entre eux sont morts depuis juin, sans compter les nombreux blessés. "Je me suis cassé la jambe il y a trois jours, en essayant de prendre le train. J'ai fait une chute de trois mètres. J'ai essayé de revenir en arrière, mais les policiers sont arrivés, ils m'ont éloigné des voies et je suis revenu ici par mes propres moyens. C'est difficile", lance un Érythréen de 25 ans, plâtré jusqu'à la hanche. Ce dernier décrit les nombreuses embûches.

"Il y a beaucoup de sécurité, des policiers, beaucoup d'obstacles à passer, des sacrifices à faire pour rejoindre l'Angleterre. Nous n'avons pas d'argent, pour aller en Allemagne par exemple. Alors, on le paie de notre vie. Je ne sais pas de quoi sera fait le futur", explique le migrant. Comme lui, ils sont nombreux à avoir des doigts arrachés ou lacérés, des membres fracturés, ou un état psychologique au bord de l'épuisement.

À Calais, la situation est très compliquée, les passages sont quasiment impossibles

Alaa, migrant d'origine syrienne
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D'autres voies proposées par les passeurs

Les migrants les plus fortunés ne restent pas à Calais. Avec l'aide de passeurs, ils vont notamment au camp de Téteghem, près de Dunkerque. Une centaine de personne vivent sur ce camp tenu par la mafia locale. Des voitures de luxe aux plaques anglais sont même visibles. "À Calais, la situation est très compliquée, les passages sont quasiment impossibles à cause des policiers qui sont très présents. Alors, on est venu ici, pour trouver un autre chemin, car la sécurité rend notre tâche trop difficile", résume Alaa, un migrant d'origine syrienne arrivé il y a deux jours. La question de l'argent ne semble pas être une difficulté. "Le problème, ce n'est pas l'argent demandé par les passeurs, c'est vraiment l'itinéraire. Je vais d'abord essayer de passer comme tout le monde, seul. Mais si j'arrive à trouver, une aide extérieure, je n'hésiterai pas", résume-t-elle.

Les passeurs sont très présents. Ils fournissent des faux papiers, un itinéraire sécurisé vers des ports moins contrôlés, comme Zeebruge en Belgique. Mais le prix est élevé : 2.000 euros par personne, sans la moindre assurance de passer en Angleterre. Les passeurs peuvent promettre la réussite de la traversée, mais il faut payer le double.

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