1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Marseille : une "journée burkini" au parc aquatique indigne des élus
3 min de lecture

Marseille : une "journée burkini" au parc aquatique indigne des élus

Une association de femmes des quartiers nord de Marseille a privatisé un parc aquatique pour une journée où le maillot une ou deux pièces n'est pas le bienvenu.

Une vue du Vieux-Port de Marseille
Une vue du Vieux-Port de Marseille
Crédit : SIPA
Eléanor Douet & AFP

La polémique enfle à Marseille. Les consignes données par une association de femmes des quartiers Nord de la ville pour passer une journée dans un parc aquatique à Plan-de-Campagne, près de Marseille, privatisé pour l’occasion ont fait bondir mercredi 3 août des élus de droite et d’extrême droite. "Je compte sur vous pour respecter la AWRA et donc de ne pas venir (sic) en 2 pièces (parties doivent être cachées de la poitrine aux genoux)", peut-on lire sur l'affiche de l'association Smile 13 et sur sa page Facebook

"Le parc autorise exceptionnellement Burkini/Jilbeb de bain", est-il également écrit. Cette association qui se présente comme une "association socio-culturelle, sportive et d'entraide pour femmes et enfants" explique avoir "privatisé" le Speed Water Parc, situé au nord de Marseille pour le samedi 10 septembre.

Un arrêté municipal pour interdire l'événement

"Bien entendu il y aura des maîtres nageurs hommes c'est la raison pour laquelle l'association a négocié afin qu'exclusivement le parc autorise la baignade en burkini", explique-t-elle sur le réseau social, ajoutant que "les enfants garçons sont également autorisés jusqu'à 10 ans". 


L'affiche a fait réagir des élus marseillais, à commencer par le sénateur-maire DVG de la commune Michel Amiel, qui a annoncé vouloir prendre un arrêté d'interdiction : "Je prends un arrêté municipal interdisant cette manifestation sur la commune au motif qu'il est susceptible de troubles à l'ordre public", a-t-il déclaré au Parisien/Aujourd'hui en France. "Si, sur le plan strictement juridique, M. le préfet estime qu'il n'est pas légal, il n'a qu'à le déférer au tribunal administratif. Je suis choqué et en colère, je considère cet événement comme une provocation dont on n'a pas besoin dans le contexte actuel. C'est du communautarisme pur et dur", a-t-il ajouté.

Accepter cette soi-disant mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays.

Valérie Boyer, député LR des Bouches-du-Rhône
À lire aussi

La députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône et maire des XIe et XIIe arrondissements Valérie Boyer a publié l'affiche sur Twitter en l'accompagnant d'une tribune pour la dénoncer. "Accepter cette soi-disant mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays, mais c'est aussi une question de dignité de la femme, une question de respect de nos principes fondamentaux", déclare-t-elle. "Cela n'est en rien anodin, la bataille du voile est l'expression visible de la volonté des intégristes de marquer leur territoire et de soumettre les femmes, comme les hommes, en instaurant un territoire où l'islamisme s'affiche en uniforme et organise un véritable contrôle social", écrit-elle encore.

Dans un communiqué intitulé "fini le vivre-ensemble, place au vivre avec le communautarisme islamique !", le sénateur-maire Front national des XIIIe et XIVe arrondissements de Marseille Stéphane Ravier estime que "cette journée islamique démontre qu'au-delà des discours rassurants des autorités musulmanes, un certain nombre de musulmans se coupent volontairement de notre modèle républicain, et se mettent d'eux-mêmes à l'écart de notre société".

"Ce centre aquatique qui accueille avec complaisance cette journée doit prendre ses responsabilités et y renoncer", estime Stéphane Ravier. "Ce type de manifestation à caractère communautarisme est particulièrement troublant et je regrette que la direction de ce parc aquatique l'ait autorisée", juge pour sa part le conseille municipal socialiste, ancien président du groupe socialiste à la mairie, Stéphane Mari. "Maintenir ce type de manifestation qui sera nul doute largement médiatisée est porter un coup de canif à notre modèle républicain et favorisera une fois de plus le parti de ceux qui portent les valeurs de haine et d'exclusion", ajoute-t-il.

Les réactions politiques ont également émergé au-delà de la sphère marseillaise. Le maire de Béziers, Robert Ménard, compare la France à un "royaume arabe du Xe siècle". Florian Philippot, le vice-président du Front national, juge pour sa part l'affaire "scandaleuse".

La rédaction vous recommande
À lire aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/