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Marche républicaine : l'union sacrée à l'épreuve du "jour d'après"

Après une journée de mobilisation historique en France, la question de l'avenir est toujours posée.

La place de la République, à Paris, lors de la marche républicaine
La place de la République, à Paris, lors de la marche républicaine Crédit : Vivien Deparois / Témoin RTL
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et AFP

Après une mobilisation historique contre le terrorisme islamiste, la France se réveille ce lundi face à un défi immense, celui de faire durer l'union sacrée affichée dans la rue par le peuple et ses dirigeants, confrontés à une menace plus présente que jamais.

La question du "jour d'après" de la plus grande mobilisation jamais enregistrée en France hantait déjà les esprits dans le cortège parisien ce dimanche, où l'ex-chef de l'Etat et président de l'UMP Nicolas Sarkozy a manifesté avec le président François Hollande, aux côtés de quelques-uns des principaux dirigeants du monde. Les responsables de l'opposition défilaient eux au coude à coude avec les leaders socialistes dans la "marche républicaine" parisienne qui a réuni entre 1,2 et 1,6 million de personnes (3,7 millions dans toute la France, un record).

Doutes

"Il faut que l'esprit de ce 11 janvier reste", a plaidé dès ce dimanche soir Manuel Valls. Si l'opinion a salué à 97% l'appel à l'union nationale de dimanche, selon un sondage, le Premier ministre sera-t-il entendu ? Les interrogations - encore discrètes - sur d'éventuelles "failles" des services de renseignements avant les attentats contre Charlie Hebdo et une épicerie casher qui ont fait 17 morts vont-elles s'accroître ?

Il faut que l'esprit de ce 11 janvier reste

Manuel Valls
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Dès ce début de semaine, les ténors politiques reprennent la parole. Manuel Valls sera sur BFMTV à 8h30, tandis que Nicolas Sarkozy, assez silencieux depuis sa reconquête de l'UMP, est sur RTL à 7h50. La présidente du Front national, Marine Le Pen, qui a fait cavalier seul ce dimanche après n'avoir pas été invitée à défiler à Paris, s'exprimera dès le matin sur Europe 1 puis iTELE. Jean-Luc Mélenchon doit lui tenir une conférence à 20h00 sur le thème de la laïcité et de la paix civile au théâtre Dejazet à Paris.

"La France doit passer de l'émotion et la compassion à l'action"

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"Chefs d'Etat, de gouvernement, nous sommes tous dans la rue pour défendre notre socle commun de liberté et respect les uns des autres. Mais il faut que cela continue. Ce sera beaucoup plus compliqué. Le quotidien risque d'éroder cet élan", résumait déjà l'ex-ministre UMP David Douillet, à l'unisson de plusieurs de ses collègues.

"La France doit passer de l'émotion et la compassion à l'action. La responsabilité du gouvernement est de protéger les Français contre la guerre qui nous est déclarée par le jihadisme", a déclaré un autre député UMP, Pierre Lellouche. "A partir de demain (lundi), le débat doit s'ouvrir sur ce qui a été fait, ce qui n'a pas été fait", a prévenu Marine Le Pen la présidente du Front national, Marine Le Pen, qui manifestait à Beaucaire, dans l'une des villes gagnées par le Front national en mars.

Un tournant ?

"Est-ce que la politique internationale que nous menons est la bonne politique ? Est-ce que tous les moyens sont mis en oeuvre pour pouvoir lutter contre le fléau du terrorisme islamiste ?", s'est interrogée la présidente frontiste, qui s'estime exclue du mouvement d'union nationale.

Malgré la polémique toujours vive sur la participation ou non du FN aux manifestations, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, veut croire que la journée de ce dimanche "marquera profondément la situation politique".

Hollande attendu

"Les réponses concrètes et pratiques (par exemple au problème de la contagion terroriste dans les prisons, ndlr), on ne les trouvera pas dans la guerre politique d'un camp contre l'autre", a déclaré dès ce dimanche soir sur BFMTV François Bayrou, partisan naturel d'une "troisième voie" centriste qui transcende le clivage droite/gauche. "Il faut que l'esprit de ces journées de janvier continue à irriguer, à inspirer notre vie nationale au-delà d'un moment d'émotion", a-t-il ajouté.

Une question taraude déjà les instituts de sondage, les observateurs et l'opinion : la cote de popularité de François Hollande, très basse malgré une embellie récente, va-t-elle remonter - durablement - alors que le chef de l'Etat a incarné l'union nationale depuis ce mercredi ? L'historien socialiste Alain Bergounioux estime que le chef de l'Etat a été "à la hauteur de sa mission", mais prévient : "Même lorsqu'on a joué un rôle historique important, cela ne garantit pas la suite. Un an et demi après mai 1945, de Gaulle démissionnait...".

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