3 min de lecture Société

Les Champs-Élysées seront rendus aux piétons une fois par mois

REPLAY - Dès le 8 mars, l'avenue vitrine de la capitale française sera livrée livrées aux promeneurs et aux vélos chaque premier dimanche du mois. Suffisant pour booster une fréquentation en baisse constante ?

Rémi Sulmont RTL vous en parle déjà
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Les Champs-Élysées seront rendus aux piétons une fois par mois Crédit Image : SIPA | Crédit Média : Rémi Sulmont | Durée : | Date : La page de l'émission
Loïc Farge
Loïc Farge
Journaliste RTL

Pour la première, dimanche 8 mars, cela commencera un peu plus tard en raison des cérémonies du 8 mai. Ce sera vers midi. Lorsque les commémorations seront terminées, les Champs-Élysées resteront fermés aux voitures jusqu'à 20 heures sur les 80% de l'avenue. Soit 1,6 kilomètre jusqu’à Georges V. La place de l'Étoile et celle de la Concorde resteront aux voitures. En moyenne, 300.000 personnes fréquentent les Champs-Élysée chaque jour. Dimanche prochain, il pourrait y avoir un demi-million de personnes. Surtout si le soleil et la chaleur (25 degrés attendus) sont de la partie.

L'idée de cette expérimentation, c'est de redonner du lustre à cette avenue qui en a un peu perdu. Pas commercialement, mais en terme de fréquentation. Cela baisse depuis deux ans. Il y a bien sûr l'effet des attentats, mais pas seulement. L'avenue, avec ses deux fois quatre voies, est bruyante. Elle est souvent étouffante, malgré les trottoirs élargis en 1993. Edouard Lefebvre, patron du Comité des Champs-Élysées (qui regroupe les commerçants) nous a confié qu'il espérait que cette piétonnisation redonne envie aux promeneurs de goûter à des Champs-Élysées calmes. Notamment aux Parisiens qui viennent, surtout sur les Champs, pas par plaisir mais pour travailler. Il y a dans l'arrondissement quatre fois plus de salariés que de résidents.

Débat agité en vue

Les Champs-Élysées pourraient-ils devenir piétonniers tous les week-ends ? Pour l'instant c'est une fois par mois, le premier dimanche, le jour de gratuité des musées. Ensuite Christophe Najdovski, en charge des transports et de l'espace public à la mairie de Paris, estime que la question mérite d'être posée. "Aujourd'hui c'est un premier jalon. Peut-être que dans quelques années on passera à une piétonnisation hebdomadaire. Peut-être que les Champs-Élysées seront piétons dans dix ans, du fait de la demande sociale", affirme-t-il.

"Si on avait parlé de cette question il y a cinq ou dix ans, on aurait dit que c'est une folie, que cela va créer des bouchons. Sauf que les comportements évoluent. Je pense que les esprits sont mûrs à ce qu'il y ait un débat sur la question", ajoute Christophe Najdovski. Un débat qui promet quand même d'être agité, au vu des protestations provoquées par la fermeture définitive des quais bas rive droite (les fameuses voies sur berges) sur plus de 3 kilomètres, qui ne rouvriront pas à la circulation après l'opération Paris Plages cet été.

L'usage de la voiture baisse en ville

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Au-delà de ces polémiques, la piétonnisation des Champs-Élysées révèle des changements de comportements. Mais c'est un "phénomène mondial", qu'on note dans toutes les grandes métropoles. Comme à Londres ou à Shanghai, on observe à Paris les mêmes changements sur la façon de se déplacer. Les habitants des villes marchent plus qu'avant. L'usage de la voiture baisse à l'intérieur des villes : -35% en quinze ans à Paris.

Le transport en voiture reste dominant en périphérie, mais les foyers urbains sont de moins en moins motorisés. Ainsi, 45% des Parisiens ont une voiture aujourd'hui. Les jeunes détenteurs du permis de conduire baissent aussi d'année en année. Comme on est globalement moins au volant, on est plus longtemps dans la rue, dans les parcs et sur les terrasses. L'espace public est aussi devenu, avec l'ordinateur portable et le wifi, un lieu de travail et de réunion.

"C'est le sens de l'histoire. Il n'y aura pas de retour de la voiture dans les métropole", dit l'urbaniste Paul LeCroart. "Mais le développement des commandes par Internet est à surveiller de près", fait remarquer le chercheur à l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) d'Île-de-France. L'e-commerce augmente de 14% par an. Ça fait d'autant plus de livraisons d'année en année. Il y a des chances que ceux qui passent commande sur le web soient les mêmes qui iront se flâner dimanche prochain sur les Champs-Élysées.

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