1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Les salles de shoot remises sur les rails par la loi santé
3 min de lecture

Les salles de shoot remises sur les rails par la loi santé

Le projet de salle de shoot refait son apparition après un avis négatif du Conseil d'État en octobre dernier.

Une salle de shoot à Athènes, le 25 novembre 2013
Une salle de shoot à Athènes, le 25 novembre 2013
Crédit : AFP / ARIS MESSINIS
La rédaction numérique de RTL & AFP

C'est la future loi santé qui va encadrer légalement l'expérimentation en France de "salles de shoot". Un projet qui était resté lettre morte depuis un avis négatif du Conseil d'État en octobre.

La loi santé va "définir le cadre de l'expérimentation de salles de consommation à moindre risque" pour les toxicomanes, a déclaré jeudi la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.


Une salle de shoot devait voir le jour près de la gare du Nord à Paris, mais le projet avait été reporté car le Conseil d'État demandait, en préalable à toute expérimentation, l'adoption d'une loi afin d'assurer une meilleure garantie juridique au dispositif. Un lieu avait même été trouvé derrière la gare, sur un terrain mis à disposition par la SNCF. 

On a dû tout arrêter

Elisabeth Avril, directrice de l'association qui gérera la salle de shoot

Le site attend toujours la construction d'un bâtiment préfabriqué d'environ 200m², destiné à accueillir entre 100 à 150 toxicomanes par jour, à raison d'une vingtaine à la fois. La salle, qui sera gérée par Gaia-Paris, une association d'aide aux drogués, doit ouvrir sept jours sur sept.

"On nous a laissés faire les entretiens d'embauche" pour le personnel "et on a dû tout arrêter", se désole Elisabeth Avril, la directrice de Gaia, échaudée par cet épisode. Elle réclame "un programme clair et transparent pour tout le monde, y compris pour les riverains", se souvenant de réunions publiques houleuses en mairie, face à des riverains et des élus de droite parfois très remontés.


"La seule partie du projet qui ait vu le jour, souligne-t-elle, c'est la partie 'répression'", avec la mise en place d'une brigade spécialisée de policiers autour du site. "Ils harcèlent les usagers de drogue, les dispersent. Du coup ces derniers prennent plus de risques, se shootent très vite et laissent leur matériel par terre (seringues, etc.), alors qu'auparavant ils nous le rapportaient".

Une ouverture de la salle en 2016

"C'est vrai que pour le moment, du projet n'est resté que la brigade", reconnaît le maire PS du Xe arrondissement de Paris, Rémi Féraud, premier défenseur de cette "salle de shoot". Mais "nous sommes toujours volontaires pour cette expérimentation", insiste-t-il, car "le besoin est toujours réel, le nombre d'usagers autour de la gare est toujours aussi important, voire plus".

À lire aussi



Assurant que la majorité des habitants, qui l'ont réélu dans l'arrondissement malgré une campagne de la droite centrée sur la salle de shoot, "n'est pas hostile au projet", il note que l'adoption de la future loi santé "n'est pas pour tout de suite". Présentée en septembre au conseil des ministres, elle sera examinée début 2015 à l'Assemblée. "Ça renvoie plutôt l'ouverture de la salle à 2016", estime-t-il.



La mairie de Paris confirme de son côté qu'elle tiendra "son engagement de mettre en place" une telle salle "quand la loi le permettra".

Ils feraient mieux de s'occuper des Français que des salles de shoot

Serge Lebigot, président de l'association Parents contre la drogue

"Ils feraient mieux de s'occuper des Français que des salles de shoot", estime Serge Lebigot, président de l'association Parents contre la drogue, qui a porté plainte contre le projet.



Le gouvernement avait donné en février 2013 son feu vert à l'expérimentation d'une telle salle, destinée aux toxicomanes précarisés, qui se shootent dans la rue, les sanisettes, parkings ou halls d'immeubles, dans des conditions d'hygiène déplorables.

Ce type de salle, qui existe dans une dizaine de pays, doit permettre à ce public marginalisé de consommer ses drogues sous supervision de personnels de santé et de réduire les troubles à l'ordre public et la propagation du sida par seringues contaminées.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/