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Le coffre de la Banque de France va déménager à La Courneuve

REPLAY - Vendredi 10 juin, le gouverneur de la Banque de France va inaugurer en Seine-Saint-Denis le chantier du futur pôle fiduciaire national.

Le fronton de la Banque de France à Paris
Le fronton de la Banque de France à Paris
Crédit : SIPA
Le coffre de la Banque de France va déménager à La Courneuve
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Loïc Farge
Loïc Farge

La première pierre va être posée vendredi 10 juin sur la dalle du futur coffre-fort qui a été coulée il y a quelques jours. Une dalle en béton sur-armé, surchargé en métal. Un chiffre : le futur complexe fiduciaire pèsera au total 15 tours Eiffel. En gros, le coffre devrait résister à une attaque nucléaire. D'ailleurs, on a fait appel au Commissariat à l'énergie atomique pour fixer les normes techniques des bâtiments équipés : des murs d'enceinte de 4 mètres, des douves et des capteurs lasers pour détecter les mouvements alentour. La rétine des yeux des agents de la banque sera contrôlée à l'entrée.

C'est comme dans les films de science-fiction. Sauf que ce sera pour de vrai à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, sur ce qui était une friche industrielle. Le coffre de la Banque de France, qui depuis 200 ans était installé dans le vieux quartier du Palais-Royal, au cœur de Paris, va basculer dans le XXIème siècle. Le déménagement est programmé mi-2018. À cette date, c'est dans ce coffre que seront gardées les réserves stratégiques de la Banque de France. Cela concerne les billet. Les lingots d'or, en revanche, vont rester enterrés au huitième sous-sol sous le siège du Palais-Royal.

Couches de résistance et de surveillance

Rassurez-vous : le coffre de La Courneuve devrait être plus joli qu'un cube de béton géant. Le bâtiment du coffre fera 23 mètres de haut, mais il va être habillé avec une dentelle de tôle blanche. Il sera entouré, promet-on, d'un océan de verdure. Le complexe est énorme : 20.000 mètres carrés. Car il ne se résume pas au coffre. La Banque de France accueillera également du public - les personnes endettées, notamment.

Il y aura aussi les douze garages pour les camions blindés des convoyeurs de fonds. "À leur arrivée, les transporteurs vont rentrer dans un garage qui va s'ouvrir puis se refermer. On va vérifier avec des dispositifs de caméras qu'il n'y a, par exemple, pas de commando à l'intérieur de leur camion", raconte Thierry Para, le directeur du projet. "On va filmer le dessous du camion. Plus on va en profondeur sur l'élément clé qu'est le coffre, plus on est repéré et plus c'est solide", ajoute-t-il.

Plus on va en profondeur sur l'élément clé qu'est le coffre, plus on est repéré et plus c'est solide

Thierry Para, directeur du projet Nouveaux centres fiduciaires à la Banque de France
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"C'est exactement l'image de l'oignon : on multiplie les couches de résistance et les couches de surveillance et de repérage informatique. Ensuite, il n'y a pas un mètre carré sur le site où on n'a pas la vidéosurveillance", avertit Thierry Para.

Le risque de prise d'otage réduit au maximum : il n'y aura aucun contact entre le convoyeur et les agents du coffre. Dans le garage, on fournira une caméra connectée au convoyeur, qui filmera lui-même l'intérieur de son fourgon. Il n'y aura quasiment plus aucune manipulation de cartons de billets par des humains.

Craintes de déshumanisation

Cela va vraiment ressembler à une usine ultra-moderne. Des bras de robots vont manipuler les cartons de coupures, les ranger sur des étagères. Les machines de tri existent déjà. Mais là elles seront capables de traiter un milliard de billets par an. Elles iront plus vite pour broyer les billets tachés ou déchirés et pour remettre en cartons les billets valides. L'objectif affiché, c'est de gagner en productivité.

"La Banque de France risque de transformer son coffre en un enfer moderne pour les agents", redoute Fabienne Rouchy, la représentante CGT du personnel, qui craint plus les robots qui déshumanise son métier que les malfrats. La Banque de France et ses succursales n'ont pas été braquées depuis vingt-cinq ans.

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