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Le 1er janvier, les conseils d’administration devront compter 40% de femmes

Au 1er janvier 2017, les grandes entreprises françaises devront compter 40% de femmes dans leur conseil d'administration. Où en en est-on ? Que risquent les hors-la-loi ?

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Rémi Sulmont : le 1er janvier, les conseils d'administration devront compter 40% de femmes Crédit Image : OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Rémi Sulmont et Loïc Farge

C’est une révolution qui se prépare depuis le vote de la loi en 2011, qui entend féminiser la vie des entreprises. Le 1er janvier 2017, les conseils d’administration des grandes entreprises devront compter 40% de femmes. Sont concernées pour l’instant les grandes entreprises d'au moins 500 salariés, avec un chiffre d’affaires de 50 millions d'euros. Cela ne représente que 2.200 sociétés en France. Mais ce sont les plus en vue, celles qui doivent donner l’exemple.

La loi Copé-Zimmermann a été votée il y a six ans. Les entreprises avaient donc six ans pour féminiser. Mais nombre d’entre elles n’ont pas pris les choses au sérieux. Alors pas celles du CAC 40 : pour elles, on est quasiment bon si on fait la moyenne. Selon la projection d’Ethics and Boards, on sera à 39,8% de femmes sur le CAC40. On était à 25% il y a quatre ans. C’est beaucoup mieux qu’avant. La loi a vraiment changé la donne. Mais 39,8%, c’est une moyenne.

Sanctions

Il y a donc de bons élèves (60% chez Engie, dirigée par une femme) et de très mauvais élèves (7% pour Lafarge-Holcim, avec une excuse béton : le siège étant en Suisse, la loi ne s’applique pas). Et puis il y a les petits malins : des grands patrons qui ont nommé leur maman à leur conseil d’Administration. "Qu’on ne me dise pas qu’on ne trouve pas de femmes compétentes", s’emporte la chasseuse de têtes Lucille Desjonquères, de Leyders Associates. Elle a constitué un "vivier de 1.000 femmes" prêtes à ces fonctions d’administratrices.

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Pour les entreprises qui n’ont pas atteint les 40% de femmes, la loi prévoit des sanctions : le blocage des rémunérations des administrateurs et l’annulation des nouvelles nominations si ce sont des hommes. Mais dans la pratique, on fera le point lors des assemblées générales. Donc pas le 1er janvier.

"Il faut laisser un sursis", demande Armelle Carminati, présidente de la Commission innovation sociale et managériale au Medef. Après, "oui, il faudra sévir". Car, au bout du compte, "seul un remède de cheval" comme cette loi, dit-elle, "permet de féminiser". "Il a bien fallu obliger, ce qui est toujours désagréable. Il a bien fallu y aller, ils y sont allés, et ils s'aperçoivent au fil de l'eau que le risque en valait finalement la peine, et que la valeur ajoutée, la nouveauté, c'était bon à prendre", assure-t-elle.

L'effet d’entraînement espéré n'a pas eu lieu

"On voit la formation et les pedigrees se diversifier, puisqu'il faut aller chercher des personnes dont on a moins l'habitude. Les femmes ont parfois des parcours hors des standards, avec pas toujours les écoles ou les formations dans les standards. Cela apporte plein de choses, se félicite-t-elle.

La déception, nuance Armelle Carminati, c’est que cette "loi électrochoc" n’a pas eu l’effet d’entraînement espéré. Elle n’a pas féminisé, par contagion, les autres instances de l’entreprise, ou alors bien trop lentement. La prochaine étape maintenant c’est 2020. Ce quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration s’étendra aux entreprises de moins de 250 salariés.

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Au 1er janvier 2017, les grandes entreprises françaises devront compter 40% de femmes dans leur conseil d'administration. Où en en est-on ? Que risquent les hors-la-loi ?
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2016-12-19 13:12:00
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