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LBD, grenades... La pétition pour interdire les "armes mutilantes" face aux lycéens approche les 100.000 signatures

Après plusieurs blessures graves de lycéens, la pétition lancée par Attac pour bannir certaines armes et techniques d'immobilisation frôle les 100.000 signatures. Un seuil symbolique pour renforcer la visibilité du texte, sans garantir pour autant un débat à l'Assemblée nationale.

Des policiers sur la place de la Nation à Paris lors d'une manifestation autour du mouvement lycéen, le 6 octobre 2026.

Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Marie-Lys de Fremond & La rédaction numérique de RTL

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Après les responsables politiques, la remise en cause des armes de force intermédiaire utilisées face aux lycéens s'étend aussi à la société civile. Alors que plusieurs adolescents ont été grièvement blessés depuis le début du mouvement, une pétition lancée le 3 octobre par l'association Attac pour interdire les "armes mutilantes et les techniques d'immobilisation létales lors des manifestations lycéennes" a dépassé le seuil des 90.000 signatures en seulement six jours.

Le texte, déjà soutenu par plusieurs personnalités de gauche, approche un premier cap symbolique. À partir de 100.000 signatures, la pétition bénéficie d'une visibilité renforcée sur le site de l'Assemblée nationale et peut être examinée par la commission compétente. 

Cela ne garantit toutefois aucune mesure concrète. Même avec 500.000 signatures recueillies dans au moins 30 départements ou collectivités, un débat dans l'hémicycle n'est pas automatique : la décision revient à la Conférence des présidents de l'Assemblée. Cet été, plus de 700.000 personnes avaient signé contre la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. La pétition avait ensuite été classée.

Une pétition pour imposer le sujet dans le débat public

Une pétition ne peut donc pas, à elle seule, entraîner l'interdiction des armes visées. Mais Attac espère d'abord imposer le sujet dans le débat public. "Ce n'est pas parce qu'on retire une arme qu'on règle la question", explique à RTL Raphaël Pradeau, porte-parole de l'association et professeur. Pour lui, la suspension des grenades assourdissantes annoncée par Laurent Nuñez le 7 octobre reste une réponse "purement symbolique", même si elle montre que "dans la société, la contestation des méthodes de maintien de l'ordre a fortement grandi".

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Cette mobilisation intervient après plusieurs blessures graves recensées depuis le début du mouvement lycéen. Au total, 18 affaires ont été confiées à l'IGPN, selon le dernier bilan communiqué par Laurent Nuñez. Parmi elles, au moins six concernent des blessures après des tirs présumés de LBD. À Tours, un adolescent de 16 ans a perdu l'usage de son œil droit après une blessure jugée "compatible avec l'usage d'un LBD" par la procureure. À Argenteuil, un autre jeune du même âge a été grièvement blessé à l'œil gauche. Dans plusieurs autres dossiers, l'implication d'un LBD reste encore à établir.

Pour Attac, ces affaires justifient une remise à plat plus large des techniques de maintien de l'ordre. "Le premier rôle de la police devrait être d'assurer la sécurité des manifestants, et notamment de la circulation. Aujourd'hui, on a des techniques dites de maintien de l'ordre qui visent à créer du désordre afin de justifier la répression. C'est une stratégie consciemment recherchée par le gouvernement", selon lui.

Le gouvernement n'entend pas remettre en cause l'usage général des armes intermédiaires

La revendication a également trouvé des relais politiques. Olivier Faure réclame l'interdiction des LBD, tandis que le Parti socialiste a annoncé vouloir déposer une proposition de loi visant les "armes mutilantes" et certaines "pratiques brutales" lors des manifestations lycéennes. Mathilde Panot a elle aussi relayé la pétition d'Attac. Le texte est également soutenu par Marine Tondelier et André Chassaigne.

Si Sébastien Lecornu a reconnu "des accidents", le gouvernement refuse toutefois une remise en cause générale des armes de force intermédiaire. Laurent Nuñez a suspendu les grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen après la grave blessure d'un adolescent à Lens, mais uniquement "le temps de comprendre mieux ce qu'il s'est passé". Devant les députés, le ministre de l'Intérieur a défendu le maintien des LBD, grenades et autres armes intermédiaires, qu'il juge "absolument indispensables" pour permettre aux forces de l'ordre de graduer leur réponse.

Beauvau insiste aussi sur le niveau de violences auquel policiers et gendarmes ont été confrontés. Selon le dernier bilan présenté par Laurent Nuñez, 6.629 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement et 761 policiers et gendarmes ont été blessés. Le gouvernement recense également 215 élèves et 89 personnels de l'Éducation nationale blessés.

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