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La vie romanesque de Tokyo Sexwale

REPLAY - Le candidat africain à la succession de Sepp Blatter à la tête de la FIFA a mené plusieurs vies dignes d'un roman.

BEGOT 245300 La Revue de Presse Amandine Begot
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La vie romanesque de Tokyo Sexwhale Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

La plupart des bookmakers vous dirait ce mardi 26 janvier de ne pas retenir son nom, et pourtant quel nom ! Un nom de star du X : Tokyo Sexwale. Il est sud africain, il a 62 ans, et il fait partie des 5 candidats à la succession de Sepp Blatter à la tête de la FIFA. "Et si c'était lui ?" se demande le magazine So Foot de février qui lui consacre un portait fascinant. Car la vie de Tokyo Sexwhale est un roman. Ministre du logement de Jacob Zuma, businessman devenu millionnaire dans les mines de diamant, candidat de télé-réalité... Mais surtout, avant tout cela, Tokyo Sexwale a été le co-détenu de Nelson Mandela à Robben island.

Et c'est là, derrière les barreaux pendant 12 années, qu'il a développé son amour du foot. Il est incarcéré sur l'île-prison en 1978, après les émeutes de Soweto, et il y découvre la Makana football association, la ligue de foot des prisonniers de Robben Island. Un vrai championnat avec 3 divisions et 8 clubs différents. Le terrain ne fait que 7 mètres sur 40 et à la place de la pelouse, il y a des cailloux.

Sur le terrain Tokyo Sexwale devient vite le leader de son équipe. Il donne des consignes, parle plus qu'il ne joue, et c'est logiquement qu'il intègre le comité des sports de Robben Island. La FIFA de la prison, en quelque sorte. Il négocie alors pied à pied avec la direction de la prison la durée des matches des détenus, la qualité du terrain, les nouveaux jeux de maillots, la permission de regarder les matches à la télé... Grâce à lui, en 1990, les prisonniers ont pu voir tous les matches du Mondial. L'histoire retiendra que Tokyo Sexwale a appris sa libération pendant le quart de finale Cameroun-Angleterre, juste avant le penalty de Gary Lineker.

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Vingt ans plus tard, Tokyo reviendra à Robben Island, en tant que ministre du logement, un an avant le mondial de foot en Afrique du Sud. Il avait fait visiter les cellules à un certain Sepp Blatter...

L'histoire d'une autre jungle

Les projecteurs restent braqués sur Calais. Le Figaro nous raconte d'ailleurs ce matin comment agissent les fameux militants "No Borders". Le site internet du Point, de son coté, nous raconte cette fresque taggée par l'artiste de rue Banksy sur les murs de l'ambassade de France à Londres. Pour dénoncer la jungle de Calais, il a peint Cosette.

Et puis il y a cette autre jungle que l'on ne voit pas depuis la rue. Une jungle que l'on appelait la "coulée verte". C'est une voie ferrée inutilisée, propriété de SNCF réseau, qui traverse paris. C'est sur ce chemin de fer, dans le nord de la capitale, que 300 personnes sont installées. Des Roms, des Roumains, qui attendent la peur au ventre leur expulsion ordonnée par la justice en septembre dernier. Le Parisien-Aujourd'hui en France nous fait visiter ce bidonville en sursis, village de bric et de broc qui s'étend sur le ballast a perte de vue. La vie comme dans un roman de Victor Hugo, Les Misérables : des cabanes insalubres, des odeurs insupportables, des feux pour se tenir chaud qui déclenchent des incendies

Certains enfants sont scolarisés dans les écoles d'à coté. L'intégration est compliquée pour ces gamins qui arrivent en classe pas toujours bien débarbouillés et dont les autres élèves se moquent. Avant d'être expulsés, les occupants du bidonville ont déposé avec des associations un projet de construction de maisonnettes modulaires sur des terrains qu'ils ont listés et transmis à la mairie. "Faut-il vraiment pérenniser ces campements ?" se demande Donat Vidat Revel dans le Parisien. Mais surtout comment former ces hommes, ces femmes et ces enfants  pour qu'ils puissent s'insérer dans la vie d'en haut, en haut de la voie ferrée?

Le rapport badinter sur la réforme du code du travail

Ce n'est pas un roman qui régit la vie des travailleurs, mais un pavé : ce code du travail de 3400 pages. Les journaux déplorent ce matin la simplification à minima préconisée par l'ancien garde des sceaux dans ses "61 principes essentiels". "Ceux qui rêvaient d'un coup de barre à gauche ou, à l'inverse, d'une dérégulation totale, en seront pour leurs frais", prévient Bertrand Bissuel dans Le Monde.

La presse retient surtout l'échec de l'offensive d'Emmanuel Macron contre la majoration des heures supplémentaires et les 35 heures : "Le projet Macron de remettre - un peu - la France au travail tombe à l'eau. Quand on épluche les 61 propositions, on se dit que rien ne bougera d'ici 2017", regrette Thierry Rabiller dans Paris Normandie.

"On ne voit rien qui puisse sortir la majorité de ses contradictions", renchérit Nicolas Beytout dans l'Opinion qui, en lisant le rapport Badinter, s'est souvenu des mots de François Mitterrand : "J'ai deux avocats", disait-il, "Robert Badinter pour le droit, Roland Dumas pour le tordu..." L'ancien président aurait souri de voir que loin de suivre une belle ligne droite les situations au travail sont souvent tortueuses.

Dans le Figaro, une enquête OpinionWay révèle ce matin que les français veulent une réforme forte du code du travail mais qu'ils n'y croient pas. Ils sont aussi 82% à se prononcer pour les référendums d'entreprise quand une négociation entre direction et syndicats est bloquée. Une piste sérieusement envisagée par l'exécutif, affirme ce matin Les Échos, pour éviter les blocages comme à la FNAC, ce magasin où l'on peut acheter du lundi au samedi des livres et notamment ceux de Victor Hugo, qui écrivait dans Les Misérables : "Les galères font les galériens". À méditer en cette journée de grève. Vous pouvez aussi vous passer les nerfs sur cet article du Figaro.fr sur les avantages hors normes du statut des contrôleurs aériens qui sont en grève aujourd'hui pour défendre leur statut : retraite à 57 ans ; 5.000 euros net par mois en moyenne en début de carrière ; 32 heures de travail par semaine... Et pour un jour travaillé un jour de repos, en plus des 25 jours de congés payés ! Vous avez le droit d'être jaloux, vous avez aussi le droit de tenter le concours d'entrée à l'École Nationale de l'Aviation Civile. Les galères font les galériens, les caravelles aussi !

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2016-01-26 10:43:00
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