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La liberté de la presse en "régression brutale" en 2014

Reporters sans frontières alerte sur une "régression brutale" de la liberté de la presse en 2014.

Un crayon cassé, lors de la Marche républicaine à Paris, le 11 janvier 2015.
Un crayon cassé, lors de la Marche républicaine à Paris, le 11 janvier 2015.
Crédit : JOEL SAGET / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Le "classement mondial" annuel de Reporters sans frontières publié jeudi montre une "régression brutale" de la liberté de la presse en 2014, conséquence notamment de l'action de groupes comme l'organisation État islamique (EI) et les islamistes nigérians de Boko Haram. 

"Il y a eu une détérioration globale, liée à des facteurs très différents", a déclaré à l'AFP Christophe Deloire, secrétaire général de l'ONG, citant entre autres "l'action de groupes non étatiques qui se comportent en despotes de l'information".

"2014 est l'année d'une régression brutale pour la liberté de l'information. Les 2/3 des 180 pays (classés par RSF, NDLR) font moins bien que dans l'édition précédente", explique RSF qui, en parallèle, synthétise dans un indice les atteintes à la liberté de la presse.

La Syrie reste le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes

Pays jugé le plus dangereux du monde pour les journalistes par RSF, la Syrie stagne ainsi à la 177e place sur 180 -- juste derrière la Chine (176e)--, devant le Turkménistan (178e), la Corée du Nord (179e) et l'Érythrée (180e), un quatuor inchangé depuis l'an dernier.

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L'Irak se classe 156e et le Nigeria 111e. Ces pays ont "vu cette année encore l'apparition de 'trous noirs' de l'information", ajoute RSF, rappelant par ailleurs que "l'extension des exactions" commises par l'organisation État islamique, en Irak et en Syrie, "ont poussé à la fuite des journalistes".

L'Italie, qui a vu "les menaces notamment de la mafia et les procédures en diffamation abusives exploser", chute pour sa part de 24 places, au 73e rang.

Les motivations varient mais le modus operandi est le même : réduire au silence, par la peur ou les représailles

RSF

"De Boko Haram au groupe État islamique, en passant par les narcotrafiquants latinos ou la mafia sicilienne, les motivations varient mais le modus operandi est le même : réduire au silence, par la peur ou les représailles", écrit RSF.

Pour la cinquième année consécutive, la Finlande conserve la première place du classement, suivie cette année par la Norvège et le Danemark, qui se glisse dans le trio de tête.

Pour autant, plusieurs petits États européens chutent au classement : le Luxembourg passe de la 4e à la 19e place, le Liechtenstein de la 6e à la 27e place et Andorre de la 5e à la 32e place, la plus forte chute.

"Ce sont des situations assez comparables, avec une proximité entre les pouvoirs politiques, économiques et médiatiques qui génère des conflits d'intérêts extrêmement fréquents et qui ne cessent de prendre en importance", explique l'ONG.

La Bulgarie, dernière en Europe, la France gagne une place

La Bulgarie (106e, -6 places) conserve le dernier rang des pays de l'Union européenne. Autre mauvais élève européen, la Grèce se classe 91e (+8 places), derrière le Koweït.

De son côté, la France gagne une place, au 38e rang -- le classement ne prenant pas compte de l'attaque perpétrée le 7 janvier dernier contre la rédaction de Charlie Hebdo, précise RSF. L'ONG déplore toujours un "secret des sources trop peu protégé" en France.

Reporters sans frontières relève par ailleurs "l'intensification de la violence envers les reporters et les net-citoyens couvrant les manifestations", citant les cas de l'Ukraine, de Hong-Kong, du Brésil et du Venezuela, qui perd 21 places (137e).

L'Afrique toujours aussi mal classée

Les États africains, malgré la progression de la Côte d'Ivoire (86e, +15 places), figurent toujours parmi les plus mal classés. Le Congo perd notamment 25 places (107e) et la Libye 17 places (154e).

Ce classement repose sur sept indicateurs: niveau des exactions, étendue du pluralisme, indépendance des médias, environnement et autocensure, cadre légal, transparence et infrastructures.

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