2 min de lecture Société

Journées du patrimoine 2016 : en France, on ne sait plus sonner les cloches

En octobre sera publiée une enquête étonnante et inédite sur la façon dont on sonne les cloches en France. Objectif : faire l’état des lieux de ce "patrimoine sonore en danger".

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Journées du patrimoine 2016 : en France, on ne sait plus sonner les cloches Crédit Image : SIPA / Gile Michel | Crédit Média : Rémi Sulmont | Durée : | Date : La page de l'émission
Rémi Sulmont
Rémi Sulmont et Loïc Farge

L'idée est née après le couac du 1er août 2014. Pour commémorer le déclenchement de la Première Guerre mondiale, on avait demandé à toutes les communes de France de sonner le tocsin. Résultat : une cacophonie nationale. Du grand n'importe quoi. On a, dans certains clochers, sonné à la volée, comme pour un mariage au lieu de faire retentir le tocsin. Cette cloche qui tinte, les Français l'avaient entendue il y a cent ans, à l’été 1914, lors de la mobilisation générale.

Comment expliquer ce gros raté ? Auparavant, chaque village avait un sonneur ou un sacristain dédié aux cloches. Chaque village avait même une identité sonore en fonction de ses cloches. Mais la pratique religieuse déclinant, l'électrification ayant uniformisé les sonneries, des boîtiers ayant remplacé les sonneurs de cloches, on se trompe de plus en plus souvent de bouton quand il faut sonner les cloches. On confond les sonneries civiles - le tocsin, par exemple - et religieuses.
D'où l’idée de cette grande enquête pour mettre les points sur les "i". C'est Éric Sutter, président-fondateur de la Société française de campanologie (l’étude des cloches), qui a lancé cet inventaire inédit. Il a envoyé des questionnaires à chaque diocèse pour comprendre quelle église sonnait quoi et quand, tous les jours, toutes les semaines, à quelle heure. Objectif : faire l’état des lieux de ce "patrimoine sonore en danger".

Il ne s'agit pas pour les sonneries de rétablir les sonneries du XIXème siècle

Éric Sutter, campanologue
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"Si on n'entretient plus les sonneries et les clochers, ce sont des savoir-faire techniques très difficiles à reconstituer qui risquent de disparaître", avertit Éric Sutter. "On ne saura plus faire dans quelques années s'il n'y a pas un minimum d'activité qui est entretenue. Mais on n'est pas attaché au patrimoine du passé exclusivement", poursuit-il. "Il ne s'agit pas pour les sonneries de rétablir les sonneries du XIXème siècle ni de faire sonner les cloches tout le temps. Les circonstances sont moins nombreuses, ça sonne moins souvent", prévient-il.

On ne donc pas se remettre à sonner l'angélus dans les 40.000 clochers de France. Mais le campanologue et son association, à partir de cet état des lieux, vont proposer des formations pour "redonner du sens à la sonnerie des cloches civiles ou religieuses". Pour perpétuer ce patrimoine immatériel qu’on néglige. Pour que, quand on sonne, on sonne juste.

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En octobre sera publiée une enquête étonnante et inédite sur la façon dont on sonne les cloches en France. Objectif : faire l’état des lieux de ce "patrimoine sonore en danger".
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2016-09-15 13:52:07
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