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"J'ai vécu le harcèlement de rue comme un viol", raconte une lectrice

TÉMOIGNAGES - Le harcèlement de rue nous a toutes touchées au moins une fois dans notre vie. L'expérience est la plupart du temps choquante. En parler, c'est déjà lutter.

Harcèlement de rue
Harcèlement de rue
Crédit : Flickr / Bixentro
Charlotte Anglade

Le harcèlement de rue n'épargne personne. Selon une récente étude du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), 100% des femmes qui prennent les transports en commun ont déjà été victimes de ce fléau. Attouchements, insultes ou sifflements, le harcèlement de rue est traumatisant. Malgré tout, beaucoup de filles n'osent pas réagir, ou ne savent pas de quelle manière le faire. Afin de donner la parole aux victimes de harcèlement de rue, la rédaction de Girls.fr a lancé un appel à témoignages sur les réseaux sociaux.

Dans la rue comme dans les transports

Nombreux sont les témoignages dont le décor est planté dans les transports. Les harceleurs peuvent y agir discrètement, à l’abri de la foule. Victoria, 22 ans, a subi des attouchements dans le métro en se rendant à la fac. "Je sens qu'on m'effleure le dos, les fesses légèrement et je pense que c'est le cabas de la dame que je vois du coin de l'œil. Puis la sensation qu'on me touche les fesses s'intensifie. Je n'ose rien dire, de peur d'être ridicule, de me tromper, d'accuser quelqu'un à tort. Je comprends clairement que l'homme derrière moi est en train de me toucher quand je peux enfin m'écarter."


Même schéma pour Florie, 20 ans : "Le métro était bondé donc tout le monde était au coude-à-coude. Puis j'ai senti le sexe en érection d'un homme se frotter contre mes fesses. J'ai essayé de me déplacer mais il se déplaçait avec moi." D'autres harcèlements ont aussi lieu dans la rue. Sifflements, insultes, Ophélie en est victime quotidiennement. En cause : un groupe de garçons qui traîne devant un tabac à côté de chez elle. "Les sifflements sont très fréquents et j'en ai marre, on n'est pas des bouts de viande !", réagit-elle.

Un traumatisme violent

L'expérience est souvent très traumatisante. Victoria, victime d'attouchements dans le métro, dit l'avoir vécu comme un viol : "Je me sens sale et violée. Encore aujourd'hui, j'ai la scène en boucle dans ma tête dès que je prends les transports bondés." Comme dans la plupart des cas, Victoria et Florie n'ont pas osé réagir sur le coup, par honte, par timidité ou même, pour la seconde, par culpabilité. "Sur le moment j'ai pensé : "Il ne fait sans doute pas exprès, et il doit être embarrassé d'avoir une érection à cause de moi", donc je n'ai rien dit. Mais clairement il faisait exprès et aujourd’hui je regrette amèrement de n'avoir rien dit."

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Chez les victimes de harcèlement de rue, ce sentiment de culpabilité existe souvent. Sachez, mesdemoiselles, qu'il n'a pas lieu d'être. Ce n'est pas parce que vous portez un short, comme Florie, ou un décolleté plus pigeonnant que d'habitude que vous méritez ce qu'il vous arrive. Votre corps vous appartient et une remarque obscène ou des attouchements ne sont en aucun cas légitimes. N'hésitez donc pas à réagir dès que vous vous sentez harcelée.

La réplique, source de fierté

Maurine, 18 ans, s'est faite klaxonner par deux hommes en voiture en rentrant chez elle. La tête haute, elle leur a adressé un doigt d'honneur. Les deux hommes ont répliqué en l'agressant verbalement. "Je ne regrette pas de leur avoir répondu par ce doigt d'honneur. C'était ma façon à moi de leur montrer que non, on ne klaxonne pas les filles, non ils ne m'avaient pas mis mal à l'aise et oui je suis capable de leur répondre et de leur manquer de respect autant qu'ils m'ont manqué de respect en me klaxonnant comme on sifflerait un chien", explique-t-elle fièrement aujourd'hui. Espérons que le message soit passé.
Si vous avez, comme Maurine, le courage de répliquer, mieux vaut bien mesurer le danger à l'avance. Répondre seule face à un groupe d'hommes peut s'avérer dangereux en cas de réaction. Lorsque cela est possible, il est préférable de demander de l'aide aux passants ou aux voyageurs, si vous vous trouvez dans les transports.

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